English version

Ce site est essentiellement consacré à mon principal hobby : le jeu de rôle (JdR). Pour les choses sérieuses, veuillez consulter mes pages web de l’Université Lyon 2.

Logo Capitaine Vaudou 2020
Bon, j’avais dit que je ne coderais sans doute pas le générateur d’historique de persos de Capitaine Vaudou. Comme seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, j’ai fini par m’y mettre. C’était rigolo. Du coup (il paraît qu’il faudrait plutôt dire de fait, mais c’est dur de se débarrasser de ce tic de langage), j’inaugure une section Capitaine Vaudou.

Couverture Chants de Loss Livre 2
Après le Monde de Loss, attaquons-nous aux règles. Bon, je vais commencer par faire mon pisse-vinaigre : la lecture de ce Livre 2 m’a moins fait kiffer que celle du Livre 1. Sans doute un peu parce que j’ai dû l’interrompre pour évaluer des mémoires de master, mais pas que. Je m’explique.

1. Ça s’empile. Et ça commence de suite avec la création de perso en 11 étapes. Jetez un œil à la feuille de perso, il y a plein de petites cases à remplir. Vous me direz, j’étais prévenu à l’avance et l’argument sur les étapes de création est spécieux. Points taken. Mais le système tourne sur trois niveaux de stats : vertus, traits et talents (et leurs spécialisations !). C’est au moins un de trop, deux à mon goût. Ajoutez-y des archétypes, des motivations, des avantages et défauts, des liens entre persos (j’en oublie sans doute), et ça devient touffu. Ce sont des outils utiles (encore que ça fasse un moment que je suis revenu des avantages/défauts en nombre), mais fallait-y tout y mettre, comme on dit chez nous ? Pour finir, on a aussi deux systèmes d’expérience parallèles : un pour les archétypes, un pour les traits et talents, sans parler de petites exceptions.

2. C’est mal organisé. Là, vous me trouvez sans doute gonflé. En fait, quand on aborde les règles proprement dites, on tombe sur cette phrase, qui est développée ensuite.

Pour faire simple il faut commencer par être complet.

En un mot comme en cent, je ne saurais être plus en désaccord. Si l’on vise la complétude (ce qui est un positionnement tout à fait légitime), il faut être progressif. En l’occurrence, au lieu de présenter avec le système toutes les actions possibles, avec leurs variantes et parfois des tableaux spécifiques (cette partie du bouquin était particulièrement étouffe-Jemmaï), introduire en premier lieu le cœur du moteur de résolution, puis dans un second temps les trucs plus spécifiques, chamanisme et chant de Loss compris (en gros, les machins mystiques), qui sont bizarrement dans le chapitre création de perso, m’aurait paru plus adéquat (comme Sheila — comme je n’ai pas fini de dire du mal, je relâche un peu de pression, mes excuses aux familles, surtout pour cette phrase à rallonge).

3. L’éditeur était en vacances. Bon, là, j’exagère. Le bouquin reste tout à fait lisible, mais j’ai trouvé qu’il y avait substantiellement plus de problèmes typographiques que dans le livre 1, dont « LE SYSTPME DE JEU » en entête de chapitre, un autre qui était rigolo mais que je n’arrive plus à retrouver et des X majuscules en lieu et place du signe de multiplication. Ça, c’était sur la forme. Sur le fond, il y aussi quelques problèmes, notamment des termes utilisés bien avant leur définition (par exemple fursa, qui m’a longtemps fait penser au sketch des Nuls « Monsieur de Fursac, votre braguette est ouverte. »), voire pas du tout (XP, sauf erreur de ma part — autant pour les débutant·es), ou l’utilisation alternative d’unités de mesure IRL (kilomètres) et in game (milles). ‘reusement, c’est à peu près pareil. Il y a aussi de chouettes tableaux de modificateurs de distance parcourue à pied, à cheval ou en voiture en fonction du climat et du chargement… Mais on n’a pas la distance de base. De toute façon, c’est plus classe de voyager en navire lévitant, au moins, là, on a les distances parcourues par jour. 🙂 Ah, et la jauge de détresse (que j’aurais pu ajouter aussi à la rubrique « ça s’empile ») qui fonctionne sur le principe « plus tu as de détresse, moins tu es en détresse ». Gné ?! 🙂

Après toutes les horreurs que je viens d’écrire, vous avez peut-être envie de laisser tomber les Chants de Loss. Pourtant, j’aurais plutôt envie de vous dire de vous accrocher. En tout cas, c’est ce que je vais faire. Parce que malgré toutes les fioritures et les petites maladresses (les exploits qui ne fonctionnent pas tout à fait pareil en combat que pour les autres actions, mais je vais arrêter là, je suis dans la partie positive, crénom !), le cœur du système est réellement simple et me semble facile à prendre en main. Du classique, deux stats à ajouter contre une difficulté (pratiquement toujours la même, avec quelques incréments faciles à se rappeler si nécessaire) et un système d’exploits simple et ludique (un peu plus velu en combat, certes). Le système me semble également suffisamment modulaire pour tailler dans le gras si ça vous chante. Enfin, j’ai aussi bien aimé le côté freeform, mais balisé, des talents mystiques, et beaucoup apprécié le souci d’intégration de l’univers de Loss dans les règles.

Bref, comptez-sur moi pour vous raconter les Secrets de Loss (le Livre 3) prochainement.

Couverture Chants de Loss Livre 1
Ça fait un bail que je ne vous ai pas causé des Chants de Loss et pour cause, le résultat du foulancement ne m’est parvenu qu’assez récemment. Je me suis d’ailleurs encore embrouillé à prendre des trucs en option qui étaient prévus dans le lot d’origine. M’enfin, des dés, ça sert toujours, même si je ne les trouve pas fifous. Reste un seul livret en doublon. Je hais ces paliers évolutifs !

Mais revenons à mon premier contact avec l’édition collector des Chants : « Ouah, c’est lourd ! », que j’ai dit à mon facteur quand il m’a passé le colis par-dessus le portail. Vous pouvez en juger par la photo du bas (qui n’est pas de moi, je ne collectionne pas les crânes humains, m’enfin).

Le cœur du jeu tient en trois tomes à couverture rigide, papier glacé, tout en couleur et dotés de très belles mise en page et illustrations (on pouvait s’en douter), sertis dans un coffret sur mesure. Vous allez me dire : ça doit être la chiotte à démouler. Eh bien non ! Grâce à un système de ruban, vous sortez vos bouquins sans effort. On retrouve le même genre de ruban en plus fin dans chaque bouquin pour marquer les pages. Grand luxe.

Autant vous le dire tout de suite, vu la masse de matos à lire, je vais feuilletonner comme un goret. Commençons donc par le commencement : le Monde de Loss. Déjà, ce qui frappe sur la couverture, ce sont les noms des autrices. Trois autrices. De jeu de rôle. Ça fait plaisir !

Ce premier tome débute par quelques propos liminaires : note d’intention, ce que sont les Chants de Loss, le JdR (j’y ai reconnu une définition corédigée sur le forum de la FFJdR ; un petit clin d’œil aurait été sympa) et le Da Vinci-punk. J’ai enfin compris, c’est la Renaissance avec les inventions de Vinci et consorts qui marchent en vrai (bateaux lévitants inclus), propulsées par une source d’énergie propre à la planète Loss : le loss-métal.

On entre ensuite dans le vif du sujet et tout y passe, je crois. Dans une première partie, on trouve : le monde, les Lossyans et leurs coutumes (dont les Vertus : Honneur, Courage, Sagesse et Foi, qui sont très importantes dans le jeu), la science, les animaux (natifs, aliens, gros, dangereux et difficiles à se représenter par manque d’illustrations, mais vous en trouverez en ligne ; et d’autres importés de la Terre, comme les habitant·es de Loss, d’ailleurs), histoire…

Chaque sujet est abordé assez succinctement (quelques paragraphes), mais sans laisser le lecteur sur sa faim, ce qui donne une impression de dynamisme et rend la lecture agréable. J’ai aussi apprécié la prise de recul entre ce que le lecteur sait (Loss qui orbite autour d’une géante gazeuse ou la radioactivité du loss-métal, par exemple) et ce que les habitant·es de Loss croient (une lune et un truc plutôt magique, respectivement).

La seconde partie revient en détail sur les peuples et les civilisations de Loss. On attaque par les peuples, au nombre de 15 et explicitement importés de la Terre, mais avec un petit décalage lié à leur nouvel environnement (et quelques métissages) qui rend chacun un peu plus exotique. Et les illustrations de chaque peuple sont très évocatrices.

Suivent les régions (au nombre de 15 aussi, à une vache près) où tout ce beau monde habite. Je suppose que ce découpage a pour but de rendre ces deux gros morceaux plus digestes, mais j’aurais préféré avoir peuples et géographie en même temps car il y a des petits recouvrements. Et puis une fois qu’on s’est « tapé » les 15 peuples, repartir pour les 15 régions devient vraiment répétitif. Cela dit, je mets des guillemets à « tapé » parce que, même si c’est beaucoup, la quantité de texte de chaque sous-partie est toujours bien dosée. Ni trop, ni trop peu. Une bonne idée aussi, c’est d’avoir collé la carte du monde entre les deux chapitres peuples et régions. Indispensable pour s’y retrouver !

On enchaîne sur les organisations « supranationales », si j’ose dire, en quelques pages chacune : l’Église du Concile Divin (qui est la religion ultra-dominante à tendance autoritaire), la Guilde des Marchands (progressiste et en concurrence politique et culturelle avec l’Église), les Cours des Ombres (criminels) et les Femmes d’épée (qui ont pris leur destin entre leurs mains dans cette société en majorité ultra-patriarcale).

Suit la technologie lossyane : matériaux, merveilles Da Vinci-punk et médecine (encore une fois, pourquoi scinder cette thématique en deux endroits du bouquin ?) ; et enfin les parias : Chanteurs de Loss (magiciens honnis pour la population, mais il y a une explication physique à leurs pouvoirs), chamans (tenants d’une ancienne religion) et Terriens égarés. J’imagine qu’on en saura plus dans le Livre 3 (les secrets).

Que conclure à ce stade ? On a pour l’instant un magnifique bouquin, un contexte à la fois original et accessible qui constitue un sacré bac à sable. J’espère que des angles d’attaque plus clairs apparaîtront par la suite, mais j’ai encore pas mal de lecture à venir !

À bientôt pour le Livre 2 : les Lois de Loss (a priori, les règles), donc.

Chants de Loss version Collector

Couverture Capitaine Vaudou 2020
On dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Après Mega, j’ai craqué pour Capitaine Vaudou, dont je possède pourtant l’original. Mais les illustrations proposées lors du foulancement l’ont emporté, ainsi que la promesse d’une modernisation du système. Par ailleurs, j’attends d’habitude la version papier pour lire un nouveau jeu, mais ce coup-ci, je me suis rué sur le PDF. Ouais, je suis faible.

Côté forme, la promesse est largement tenue. Les illustrations, qu’elles soient en couleur ou en noir et blanc, sont superbes (et la trogne des auteurs en pirates vaut sont pesant de pièces de huit !). La maquette est sobre et agréable. Tout ce que j’aime. « Le jeu de rôle expliqué aux moussaillons », sous la forme d’un dialogue mère/MJ-enfant/joueur, est peut-être un peu trop « littéraire », mais me semble bien atteindre son but.

On bascule ensuite dans le vieux pot, le système de jeu. Il est bien modernisé, avec une matrice de résolution plus petite (3×3 au lieu de 4×4) et quelques serrages de boulons. Il aborde tout ce qu’il faut pour jouer des aventures de pirates avec une bonne dose de vaudou (sans doute plus importante que l’original, mais ma mémoire peut me faire défaut). Mais boudiou que c’est ultra-détaillé… et aride. Un truc m’a particulièrement intéressé : la création aléatoire (ou par choix) de l’historique des personnages. Malheureusement, cet historique est pratiquement déconnecté des caractéristiques du perso. Du coup, pas sûr que je le code (il ne faudrait pas que ça devienne une marotte 🙂 ).

Ça va mieux dans la partie univers, où l’on se balade de la vieille Europe au nouveau monde en passant par leurs traditions ésotériques respectives, en couvrant tout le spectre utile au jeu, mais sans pour autant tomber dans l’encyclopédie indigeste.

J’attendais beaucoup des scénarios, dont je ne me souvenais pas des masses. Je ne suis pas le dernier à défendre la linéarité. Après tout, un scénario linéaire n’est qu’une possibilité de jeu. Mais l’aspect directif de tous les scénarios (au nombre de six, c’est à saluer !) a dépassé mon seuil de tolérance. Les premiers scénarios sont sous le signe des loas vaudous. Si vous ne faites pas ce qu’ils veulent, vous êtes mal. Dans le dernier, le plus long et celui qui présente le plus d’enjeu (Baron Mort Lente), c’est un PNJ chaperon qui donne toutes les directions à prendre. Ça me rappelle un peu certains scénars Rêve de Dragon que j’avais fini par trouver insupportables. Il y a bien un scénario non-linéaire, The house of the rising moon, mais j’ai malheureusement trouvé la rédaction confuse. Bref, y’a du taf.

Le bouquin se termine sur des aides de jeu bien utiles : résumés de règles, cartes, fiches et perso prétirés.

En conclusion, Capitaine Vaudou était en avance sur son temps et reste au niveau du système furieusement moderne, à mon avis. Sur la forme, en revanche (hors illustrations & co dont j’ai déjà écrit tout le bien que j’en pense), il me semble que cette nouvelle édition, comme Mega avant lui, aurait mérité l’intervention d’un·e éditeur·trice capable de rendre l’ensemble plus digeste. Du coup, je vais faire une petite pause, mais je lirai assurément les scénarios qui viennent avec l’écran du MJ.

Pour en savoir plus, une Master Class Capitaine Vaudou :

Couverture Casus Belli 34
Malgré les craintes de retard de ce numéro évoquées dans le précédent, il a été livré en temps et en heure, du moins en PDF. Je suppose d’ailleurs que j’ai téléchargé la toute première version, car les coquilles ne manquent pas. La plus rigolote est « biîte » ; celle qui m’a le plus fait enrager est la confusion de Canis Bellus (dont j’étais fan du mauvais goût) avec un Canis Belli qui n’a jamais existé.

La première « aide de jeu » n’est autre que le JdR Funtasy complet, qui avait été mis à disposition gratuitement pendant le confinement. Il est notamment utilisé pour les caracs techniques de la dernière partie du mag, consacrée aux 40 ans de Casus (ça ne nous rajeunit pas). Sera-ce le nouveau système de référence du mag pour le med-fan ?

Suit un Bâtisses & Artifices laelithien en diable, la boutique d’un hobbit qui regorge de surprises. L’envie me revient, l’envie me revient… 🙂 MJ Only se consacre une dernière fois à l’animation de combat, cette fois-ci sous l’angle très concret de la mise en scène. De l’or en barre si vous jouez à Feng Shui (mais pas que). PJ Only s’attache à développer le caractère de vos personnages avec des outils que l’auteur de l’article manie avec des pincettes, mais qui sont intéressants quand ils sont détournés pour le JdR.

La partie archéorôlie ne m’a pas passionné, en partie parce que les jeux des grosses locomotives White Wolf et TSR n’étaient pas ma came à l’époque, et sans doute aussi parce que c’est pour moi plus de l’histoire que de l’archéologie. 🙂

Comme je l’écris plus haut, la fin du mag est un hommage aux incarnations précédentes de Casus. François Marcela-Froideval a été une beaucoup moins une figure tutélaire que Didier Guiserix pour moi, qui n’ai pas fait partie de la toute première génération de rôlistes et l’ai vu partir aux USA pour bosser sur AD&D qui n’était déjà plus ma tasse de thé. J’ai même une copine de fac qui me racontait les GN avec Feu Meu-Feu (Hélène, si par un extraordinaire hasard tu me lis, salut !), mais je n’ai jamais été GNiste. Nonobstant, la longue entrevue à laquelle il s’est prêté vaut complètement le coup.

Le tout premier scénario ainsi que les premiers streums publiés dans Casus (n° 2) sont plutôt anecdotiques, bien que sympathiques. L’analyse fine des différentes périodes du magazine est, elle, littéralement passionnante. Et illustrée de photos d’époque des pionniers du magazine. 🙂

Et pour finir avec du lourd (encore), le dernier entretien est celui de Johann Sfar, qui revient à ses premières amours rôlistes avec un JdR qui s’intitulera Monstres. Comme je suis revenu des revenants, je réserve mon avis, mais je prédis un foulancement digne de feu Sans Détour. À suivre…

Suivre mes actus
Flux RSS     Twitter
Recherche
Archives
Add Free Blog button