Le Prisonnier + Klout = ?
Il y a peu, et avec quelques trains de retard, je me suis intéressé à Klout, un service en ligne qui mesure votre influence sur les réseaux sociaux (principalement Twitter, en fait, mais pas que) [1]. Je passerai vite sur les critiques classiques faites à ce service (on ne sait pas comment est calculé ce score, peut-on décemment voir telle ou telle activité représentée par un score unique, à quoi ça sert à part faire des concours de celui qui pisse le plus loin…). Avec un recul de quelques semaines à peine, et en observant le score de mes « influenceurs », je me rends nettement compte que le score Klout privilégie la quantité : plus vous êtes présent sur les médias sociaux, plus on réagit au contenu que vous postez, quel qu’il soit, plus vous grimpez au hit-parade. C’est ça, être influent ?

Ça me rappelle assez directement l’ambiance publish or perish de la recherche où, pendant un moment (qui dure encore dans certains coins du monde), il fallait publier et publier encore, fusse au mépris du bon sens et de l’éthique pour ceux qui cédaient à cette pression insidieuse. Maintenant, c’est beaucoup mieux, il faut continuer à publier, mais dans des supports de qualité. Qualité mesurée par des scores dont tout le monde sait pertinemment qu’ils sont manipulables et manipulés, comme notre score Klout [2].

Le pire, c’est que ces trucs-là, c’est comme le côté obscur de la Force. Plus facile, plus rapide. Il est aisé d’y succomber. Moi-même, en voyant mon score Klout stagner, voir descendre légèrement au fil du temps, j’ai augmenté mon volume de publication en ligne (jusqu’à faire une belle boulette sur G+, d’ailleurs), d’abord sans trop y réfléchir, puis plus récemment en essayant des stratégies délibérément. Bingo, ça marche ! Mais je crois bien que je vais quand même revenir à mon mode de publication antérieur, plus modéré, plus ciblé, je l’espère plus intéressant pour mes lecteurs. Parce que je ne sais pas vous, mais moi, je choisis les gens que je suis sur tel ou tel réseau social en fonction de ce qu’ils publient. Du fond de ce qu’ils publient. Pas de la quantité (même si tolérer un certain niveau de bruit est un mal nécessaire dans certains cas). Et puis, la course à l’échalote, à quoi bon ?

Et le pire du pire, c’est qu’aux US (et peut-être aussi en Europe, mais je n’ai pas eu de témoignage direct à ce sujet), des gens se font embaucher ou pas sur la base de leur score Klout. Je n’aimerais pas être américain et bosser dans le marketing, en ce moment…

Pour en savoir plus :

  1. Klout c’est quoi exactement, et à quoi ça sert ?
  2. Comment manipuler Klout pour faire croire que l’on est influent dans son domaine ?

Une réponse à to “Je ne suis pas un numéro”

  • Imaginos says:

    Si ça peut te rassurer, j’ai pas de compteur de visites sur mon site (y a bien les stats de l’hébergeur, mais elles sont peu pratiques et souvent en rade), j’ai pas de compteur de visites sur mon blog, mon blog n’est même pas référencé par les moteurs de recherche (c’est volontaire), et… je m’en porte très bien. 🙂
    (et n’ayant ni compte twitter, ni compte facebook, je ne peux même pas m’inscrire sur klout !)

    Après, faut voir quel intérêt tu as à avoir un gros score klout ou autre. J’aurais tendance à croire que, concernant des publications rôludiques bénévoles et amateures, il n’y en a pas, mais peut-être que quelque chose m’échappe depuis le début… 😉

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