Sovok, le roman

Sovok (prononcer savok) est, dans l’actualité, un roman à paraître chez les Moutons électriques, mais qui a connu une précédente incarnation en 2005 sous la forme d’un jeu de rôle (NB : c’est la couverture du roman qui est affichée sur cette page). En résumé, les personnages y incarnent des urgentistes dans une Russie de 2025 à la traine de l’Europe et des USA, en pleine faillite, sans gouvernement, en proie au chômage et à l’insécurité, où la débrouille légendaire développée durant l’époque soviétique (d’où le titre) permet tout juste de survivre.

Un quart de l’ouvrage (PDF) est consacré à ce contexte, et fait assez bien ressortir la mentalité russe. C’est forcément un peu caricatural en 25 pages, mais l’ambiance me semble tout à fait bien rendue, et puis le JdR se nourrit d’archétypes, donc ça passe nickel. Suit un petit chapitre sur le boulot d’urgentiste, notamment en 2025 et à Moscou. D’ailleurs, comme c’est un job dangereux, ne croyez pas que les urgentistes de Sovok ne soient que des médecins : pilotes, soldats, psys (non, pas ceux avec des pouvoirs), mécanos, aumôniers, cameramen… Une variété bienvenue. Le chapitre suivant est consacré à la création de personnages, selon le système EWS dont, j’avoue, j’ai pas mal oublié la teneur depuis nos parties d’Arkeos. Mais comme Sovok ne l’inclut pas, passons.

Le dernier tiers de l’ouvrage est une campagne se déroulant sur une semaine, et donc à un rythme plutôt endiablé d’un scénario par jour, au gré des missions d’urgence (où il faut faire la nique à la compagnie d’ambulances américaine concurrente, mieux équipée et ripoue jusqu’à l’os) ou des services chelous à rendre au patron, jusqu’à une apothéose où le futur de la Russie lui-même est en jeu (ou son passé, faut voir…). Les plus de cette mini-campagne sont justement ce rythme et la liberté de résolution des situations qui se présentent. Paradoxalement, ce sont aussi ses défauts car il est assez difficile pour les PJ de sortir du carcan de leurs missions, qui tombent sans qu’ils aient le choix de s’y soustraire et peut leur donner l’impression de linéarité. Côté MJ, il faut sans doute improviser furieusement si les joueurs font des choix à rebrousse-poil du déroulement « normal » de l’histoire, ce qui doit immanquablement se produire.

En conclusion, je ne suis pas certain de pouvoir faire jouer à Sovok car il n’est pas évident de trouver des joueurs motivés par la thématique, mais la lecture valait définitivement le détour.

Большое спасибо господину Ферранду.

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