Couverture JdR Mag 33
Il se confirme que la périodicité de JdR Mag est revenue à la normale après un trou d’air l’été dernier (vérification faite, parce que ça fait plusieurs numéros que je le constate en oubliant que c’était déjà le cas au dernier — c’est moche de vieillir). Le plan du mag est maintenant bien installé : nouvelles, entretiens, critiques, scénarios, inspirations et théorie rôliste.

Pas grand chose à dire sur les deux premières parties, le boulot est bien fait. J’ai beaucoup apprécié les critiques, qui sortent des sentiers battus de l’actualité (sans la négliger pour autant) avec des retours sur des jeux comme Perdus sous la pluie ou Inflorenza, qui sont très typés tant au niveau du thème que des mécanismes ludiques. À mon (exécrable, mais justifiée) habitude, j’ai zappé les scénarios et survolé rapidement les inspirations (pas qu’elles soient inintéressantes, mais j’ai vu une exposition sur les cabinets de curiosité récemment).

Venons-en à la rubrique Aspirine, que j’attends toujours avec gourmandise et qui tient dans ce numéro toutes ses promesses. La question posée : qu’est-ce qu’une bonne partie de JdR ? La réponse est donnée par trois intervenants. Le premier, Romaric Briand (auteur de Sens), alterne des passages brillants, notamment pour affirmer qu’une bonne partie n’existe pas ou pour décrire les attentes des participants, et les affirmations non-argumentées servant à faire passer son opinion (il n’y a pas de bonne partie, mais il y a des mauvais jeux — la rengaine des machins dysfonctionnels). Cette intervention est excellemment mise en perspective par Vincent Berry, enseignant-chercheur en sociologie et spécialiste du jeu, qui distingue dans la littérature scientifique deux concepts, le game (le dispositif, les règles…) et le play (la partie et son contexte). Alors que Briand se focalise sur le premier (comme certains chercheurs, son point de vue se défend même si, vous l’avez compris, je ne le partage pas), Berry conclut plutôt sur une relation complexe entre game et play. La fameuse alchimie du JdR ? Enfin, le dernier article, de Vivien Féasson (auteur de Perdus sous la pluie, encore gaulé, JdR Mag ! :) ) équilibre le tout avec une très chouette analyse des attentes potentiellement contradictoires des MJ et des joueurs (le côté play, donc). J’aurais juste un bémol sur la conclusion caricaturale et je ne pense pas que la seule « solution » au choc des attentes (des rêves, dans l’article) relève du miracle. Comme on peut être complaisant avec un film qu’on apprécie malgré ses défauts objectifs, on peut apprécier une partie (la trouver bonne) malgré les compromis qu’il aura fallu faire entre les attentes des uns et des autres. Le jeu de rôle est un jeu de compromis à bien des égards, à mon avis. Comme souvent, seuls les absolus sont irréconciliables. Mais en tout cas, cette rubrique est vraiment très réussie, j’en veux encore au prochain numéro !

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