Couverture Sweepers Inc.
J’ai mis un peu de temps à me procurer Sweepers Inc., attiré par le l’idée de jouer des récupérateurs de l’espace (ça m’a clairement rappelé les épisodes 1 et 3 de Firefly, qui pourtant ne figure pas dans les sources d’inspiration) mais un peu dérouté par les variantes/adaptations sans rapport avec le cadre original. Vu le prix, ça ne valait pas le coup de se priver, je me suis lancé.

Le bouquin pèse 188 pages au format A5, est joliment mis en page et illustré (en noir et blanc). Côté contexte, c’est vite bâché : il y a eu une guerre interstellaire, il reste des épaves de vaisseaux, de bases, de ce que vous voulez, qu’il faut recycler pour remettre l’humanité à flots. Les personnages sont réduits à des archétypes dotés chacun d’une capacité et personnalisés par un nom et des objets interchangeables (ils ne servent qu’à donner de la couleur aux descriptions).

Chaque joueur dispose d’un tour de jeu pour explorer une épave prédéterminée (plusieurs sont proposées dans le livre et on peut aussi en créer en début de partie, option qui me semble la plus fun). En fonction d’un jet de dés, modifié par deux questions de ses voisins de table (par exemple, « As-tu remarqué l’alien gluant qui se cache dans le sas ? ») et la possibilité de mettre en scène un flashback, le personnage peut aussi avoir des menaces à affronter et décrire, menaces qui consomment des cases d’objets (plus de cases et le personnage est éjecté, mais continue à participer à la partie d’une autre façon). Une fois l’exploration racontée, le personnage récupère des ressources qui seront décomptées à la fin. Il y a des finesses que je vous épargne et qui compliquent l’affaire, mais le tout est vraiment bien expliqué, résumé, récapitulé, illustré d’exemples et de conseils. Bref, c’est bien foutu.

Reste que, pour un jeu « sans préparation », il faut quand même que quelqu’un se tape la lecture des règles et les explique à ses camarades de jeu. On n’est pas encore au niveau de simplicité d’accès d’un jeu de plateau, d’autant que la structure de l’ouvrage est un peu déroutante. Rien de rédhibitoire, mais passé le noyau des règles, on a une impression d’empilement de bonus sans cohérence, alors qu’il aurait été facile de placer les missions non rédigées par l’auteur à la suite des premières ou l’exemple complet juste après les règles et ses exemples plus courts. Je ne suis pas non plus hyper-convaincu par les variantes, dont les règles sont au mieux très peu différentes des règles de base et les contextes convenus (donjon, télé-réalité-aventure et Cthulhu, respectivement). Mais vous aviez déjà compris que ce n’était pas ce que je recherchais et ça a tout de même le mérite de proposer des missions supplémentaires.

Le bouquin se termine sur des fiches à photocopier dont, malheureusement, seulement une partie est téléchargeable sur le site de l’auteur. Sans parler de toutes les feuilles de mission, la feuille de route et le résumé des règles auraient été appréciables.

D’habitude, je me fous un peu de ces considérations, mais la lecture de Sweepers Inc. m’a fait réfléchir sur sa nature : JdR ou pas JdR ? On y joue des personnages, on y construit une histoire commune, la liberté est très grande… Mais les interactions se font au niveau des joueurs (quand ils posent des questions et proposent des menaces), pas au niveau des personnages, qui explorent les épaves chacun de leur côté. Conclusion : plutôt storygame que JdR.

Pour autant, j’ai très envie de le proposer à des amis car : 1) le thème est fun et les parties sont détendues (les exemples dédramatisent bien la partie narrative du jeu, qui pourrait intimider) ; 2) tout est bien expliqué, ce qui n’est pas le cas dans d’autres jeux du même type, qui ne sont clairs que dans la tête de leurs auteurs ; 3) les procédures qui encadrent la narration auraient peut-être pu êtres plus simples (mais j’imagine que la complexité ajoutée sert à augmenter la durée de vie du jeu une fois les bases maîtrisées), sans pour autant tomber dans la lourdeur insupportable d’autres jeux similaires, de nouveau (et non, je ne donnerai pas de noms, on n’est pas là pour débiner des passionnés, quand même).

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