Couverture RdA'Zine 02
RdA’Zine, c’est le zine (gratuit) de Rêves d’Ailleurs, le site qui met à disposition en ligne (légalement) de vieux JdR épuisés, voire introuvables (en tout cas à des prix raisonnables). Bon, trêve de parenthèses. Je vais être honnête, je n’ai pas lu grand chose de ce numéro 2. Toujours les scénarios et les aides de jeu pour des JdR que je ne pratique pas. J’étais surtout intéressé par l’entrevue avec Coralie David et Jérôme Larré, qui est très enrichissante, comme d’habitude. Mais ce qui m’a surtout interpellé, c’est en conclusion une réflexion de mon homonyme qui, tout en appréciant le travail de conservation de Rêves d’Ailleurs, est gêné par la gratuité, qui sous-tend que le travail des auteurs de JdR ne vaut rien.

En guise de thèse, antithèse, synthèse, je vais me lancer dans des comparaisons partiellement foireuses. Mais j’assume, vous voilà prévenus. C’est sans doute un lieu commun, mais il est difficile de ne pas se rendre compte qu’on accorde effectivement peu de valeur à ce qui est gratuit. Si vous ne payiez pas votre électricité, il y a des chances que vous en consommiez plus, voire que vous la gaspilliez. Plus près de nous, accordez-vous autant d’importance à vos JdR achetés qu’aux PDF gratuits que vous avez récupéré sur le net, indépendamment de leur qualité ? Moi, en tout cas, non, je dois bien l’avouer. Les acteurs du JdR n’étant pas renommés pour être bien payés (ça fait un bail que je n’ai pas fait de pige, mais il y a 10-15 ans, ce n’était pas bézef — si tout va bien, je pourrai vous donner un ordre de grandeur actuel sous peu), on peut comprendre que ceux qui essaie d’en vivre ont très envie de voir leur boulot reconnu à sa juste valeur.

Toutefois, je voudrais faire une analogie avec le logiciel libre et en particulier les logiciels libres mis à disposition gratuitement. J’insiste : pas tous les logiciels gratuits, certains ne l’étant qu’en apparence (« Si vous n’êtes pas le client… »). Citons les diverses moutures de Linux, qui font tourner près de 97 % d’Internet, selon certaines sources (ça me paraît beaucoup) et le serveur web Apache, qui se cache derrière un tiers des sites du monde entier. Et bien, leur gratuité n’empêche aucunement de se faire du beurre avec. On peut développer toute une activité rémunérée pour installer et maintenir ces petites bêtes. C’est sans doute là que l’analogie avec le JdR trouve ses limites. Il y a des JdR libres et gratuits, souvent amateurs (voir mon Système d30), mais pas que (Tigres volants est dispo sous licence Creative Commons). Mais comment, dans notre milieu, vendre du service ? Certains on déjà tenté de se faire rémunérer en tant que MJ, par exemple. Je ne connais pas le modèle économique de tous les outils qui permettent de jouer en ligne, mais il me semble que les plus aboutis ne sont pas gratuits. Il existe donc des moyens de faire de la thune, même autour de JdR gratuits.

Jusqu’à en vivre ? Jusqu’à permettre aux auteurs d’en vivre correctement ? Clairement pas actuellement, ou pour une poignée de happy few (pardon pour le pléonasme) au mieux. Mais plus tard, qui sait ? Les DJ pros versent bien des droits à la SACEM, pourquoi pas les MJ pros ? Comme de nombreux milieux, celui du JdR subit de fortes et rapides transformations en ce moment (oui, je pense aux foulancements frénétiques qui agitent notre Landerneau). Ceux qui sauront (de Mordor) anticiper ou s’adapter rapidement y retrouveront peut-être leurs petits. Du moins, c’est ce que je préfère imaginer plutôt que la mort du JdR !

Une réponse à to “RdA’Zine 02, JdR et gratuité”

  • Alias dit :

    Tigres Volants est un cas un peu particulier: ce n’est pas en soi un jeu de rôle gratuit, mais il a une version sous licence Creative Commons qui n’est pas la même que la version commerciale. Pas d’illustrations, mise en page minimaliste, etc.

    À mon avis, il fait chercher du côté de la valeur ajouté. Les rôlistes ont tendance à être aussi des collectionneurs et à aimer les beaux objets. Impression couleur, couverture cartonnée, illustrations de haute qualité, etc.

    Et puis on peut aussi s’orienter vers la notion de prix libre, qui laisse les utilisateurs rémunérer les auteurs. Le souci, c’est que cette pratique n’est pas très courante et que les solutions techniques sont franchement en perte de vitesse.

    Il y a également la méthode d’auteurs comme Johan Scipion ou Le Grümph, qui ont mis en place du mécénat participatif via Tipeee.

Laisser un commentaire

Suivre mes actus
Flux RSS     Twitter     Google+
Recherche
Archives
Add Free Blog button