Couverture Arles
Arles est un supplément Ars Magica atypique à plusieurs titres. En premier lieu, c’est le seul à être cent pour cent de création française, Môssieur. De plus, il n’entre pas complètement dans le canon de la 5e édition, que ce soit sur la forme ou sur le fond.

Côté forme, malgré la dent que je garde contre l’éditeur (je n’ai toujours pas reçu la contrepartie de mon financement participatif pour Arles et je l’ai finalement acheté à part, en ayant fait mon deuil, pour lire la prose de Pierre-Olivier Peccoz, aussi auteur de Shade), force est de constater que la maquette, bien qu’un peu dense, et les illustrations sont cent coudées au-dessus de celles des ouvrages américains. Le style est parfois un peu verbeux et la relecture pas irréprochable (confondre or – la conjonction – et tort avec hors et tord, respectivement, est répandu sur les forums rôlistes et dans ce supplément ; les fautes, notamment d’accord, se multiplie également vers la fin), mais rien de trop rédhibitoire.

Côté fond, Arles ressemble à un supplément tribunal, sauf qu’il n’en couvre qu’une région bien particulière, mais sur trois époques possibles (jeunesse de l’Ordre, époque habituelle et pré-Renaissance). L’auteur, visiblement amoureux du coin, positionne aussi le supplément quelque part entre la 4e et la 5e édition (qui pourtant est la plus récemment traduite en français par le sinistre éditeur sus-pas nommé), sans tenir compte du supplément officiel sur le Tribunal Provençal (qui était en cours de production mais pas sorti à l’époque). Finalement, sont proposés pas un, pas deux, pas trois, mais neuf scénarios ! Et pas des amorces faciles, hein, des scénarios, des vrais.

Mais avant de revenir sur les scénarios, voyons la première moitié de l’ouvrage. Une introduction nous raconte le positionnement de l’auteur, notamment vis-à-vis de la réalité historique, et donne également de nombreuses clés pour se servir du supplément, ce qui est d’ailleurs une constante très agréable tout au long de l’ouvrage, qui est pensé comme une boîte à outils adaptable. Après l’histoire de la région arlésienne vient sa géographie (ou plutôt sa géopolitique) et quelques personnages importants de l’époque (une seule femme, toutefois, certes non des moindres). Ce qui est intéressant, c’est que P.O. Peccoz ne recherche pas l’exhaustivité. Au contraire, il laisse volontairement des pistes non exploitées, et même des trous, aux conteurs.euses putatifs.

Les scénarios ont la part belle dans ce supplément. Ils sont invariablement inspirés de légendes ou de coutumes provençales, sont de divers types, du linéaire (mais pas trop) au « construit à la volée ». Chacun laisse plus ou moins de travail aux conteurs.euses, mais tout ça est fort inspirant. Comme pour le reste de l’ouvrage, il s’agit par ailleurs de donner des éléments pour alimenter une saga arlésienne, mais nullement de fournir une campagne clé en main. Je le regrette un peu à titre personnel, mais le parti pris est clair.

En résumé, Arles est joli et très bien fichu. Vous l’aurez sans doute compris, j’ai beaucoup apprécié. Au point de caresser l’idée de relancer une saga ArM light dans ce contexte !

La même sur mon site Ars Magica

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