Couverture Tenga
En voilà un jeu que beaucoup de monde attendait depuis longtemps… Mais on ne pourra pas dire qu’il n’a pas été fignolé, tant sur le fond que sur la forme. Tiens, attaquons par ce bout-là. Je n’avais jamais expérimenté le « format John Doe », mais je le trouve très agréable, de même que le style de l’auteur, qui nous emmène dans son trip en douceur. Ce n’est pas encore du Jaworski, mais « ça le fait bien ». Je n’ai pas trouvé la mise en page aussi extraordinaire que certains forumistes enthousiastes, mais elle est elle aussi tout à fait agréable. Et ce qui est vraiment sympa, c’est que le tout participe à une ambiance que, je pense, l’auteur a voulu installer sciemment.

Sur le fond, on a tout ce qu’il faut pour jouer : des archétypes de persos nombreux pour capter l’ambiance sans se prendre la tête (on peut aussi détailler la création), un système de simulation simple (Brand m’a une fois dit au détour d’un forum qu’il avait des similitudes avec mon système à base de d30, c’est vrai sur plusieurs points, mais on ne peut pas dire que le mien soit publiable en l’état — et je vous rassure, Tenga n’emploie pas de d30 !), un contexte posé de façon synthétique et un ensemble de règles permettant d’impliquer les personnages ensemble dans la trame historique de l’époque à laquelle ils vivent, et même un scénario et des exemples.

Bon, mon ressenti, maintenant. Premièrement, j’ai parfois eu l’impression que l’auteur ne s’adressait pas au rôliste en général, mais au rôliste fan de JdR japonisant. J’ai été surpris par certaines mises en garde ou conseils (sur l’honneur, l’étiquette), parfois dérouté par le vocabulaire non-traduit/expliqué (eh, ça fait presque 20 ans que je n’ai plus joué à Bushido, moi !) ou les références historiques (faut que je révise le concept de shogunat). Du coup, cela me permet d’enchaîner sur ma plus grosse critique : l’équilibre règles/contexte. À titre personnel, j’aurais préféré plus de contexte, notamment pour faire plus facilement le tri entre les nombreux personnages présentés dans l’ouvrage et les relations complexes qui les lient. Et du coup, moins de règles du type effort+risque, karma vs. destinée, ki+fatigue, évolution entre parties, etc. Je suis client, mais ça fait juste beaucoup dans un seul jeu et ce sont des règles qui, bien qu’individuellement simples, fonctionnent pas mal à base de cas (« si ceci alors cela ») qui m’ont parus touffus à la lecture. Je gage qu’avec la pratique, mes joueurs d’Ars Magica vont avaler ça fastoche, mais ça reste un brin intimidant. Je reste aussi un peu frustré par le scénar, qui propulse les persos dans la grande histoire, mais me donne l’impression que je n’ai pas toutes les billes pour assurer la continuité.

Malgré tout ce que je viens de raconter, mon impression est globalement très positive (on ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure…). Je ne suis pas sûr de trouver un groupe prêt à jouer le jeu, mais Tenga m’a donné envie d’y jouer (mission accomplie !).

Ma note : 4/5.

2 réponses à to “Tenga”

  • Atchoum dit :

    4/5 c’est généreux pour un jeu mal écrit, mal relu et mal playtesté. Intéressant à la lecture (de jolis concepts), à jouer c’est… heu… « de la microgestion d’état émotionnel de personnage » ! Sympa deux séances, après t’as l’impression de faire de la série télé US et tu regrettes presque Bushido.

    • Jérôme dit :

      Mal écrit, je ne trouve pas, mal relu, carrément pas (je pense avoir relevé deux coquilles dans tout le truc ; je ne suis pas fan de certaines tournures de phrases, mais c’est une question de goût) et pour les playtests, je crains que tu n’aies également tort, il y en a eu des wagons. Pour le reste, j’ai aussi un peu peur que ce soit too much, mais on entre de nouveau dans les goûts et les couleurs…

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