Couverture Capitaine Vaudou 2020
On dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Après Mega, j’ai craqué pour Capitaine Vaudou, dont je possède pourtant l’original. Mais les illustrations proposées lors du foulancement l’ont emporté, ainsi que la promesse d’une modernisation du système. Par ailleurs, j’attends d’habitude la version papier pour lire un nouveau jeu, mais ce coup-ci, je me suis rué sur le PDF. Ouais, je suis faible.

Côté forme, la promesse est largement tenue. Les illustrations, qu’elles soient en couleur ou en noir et blanc, sont superbes (et la trogne des auteurs en pirates vaut sont pesant de pièces de huit !). La maquette est sobre et agréable. Tout ce que j’aime. « Le jeu de rôle expliqué aux moussaillons », sous la forme d’un dialogue mère/MJ-enfant/joueur, est peut-être un peu trop « littéraire », mais me semble bien atteindre son but.

On bascule ensuite dans le vieux pot, le système de jeu. Il est bien modernisé, avec une matrice de résolution plus petite (3×3 au lieu de 4×4) et quelques serrages de boulons. Il aborde tout ce qu’il faut pour jouer des aventures de pirates avec une bonne dose de vaudou (sans doute plus importante que l’original, mais ma mémoire peut me faire défaut). Mais boudiou que c’est ultra-détaillé… et aride. Un truc m’a particulièrement intéressé : la création aléatoire (ou par choix) de l’historique des personnages. Malheureusement, cet historique est pratiquement déconnecté des caractéristiques du perso. Du coup, pas sûr que je le code (il ne faudrait pas que ça devienne une marotte 🙂 ).

Ça va mieux dans la partie univers, où l’on se balade de la vieille Europe au nouveau monde en passant par leurs traditions ésotériques respectives, en couvrant tout le spectre utile au jeu, mais sans pour autant tomber dans l’encyclopédie indigeste.

J’attendais beaucoup des scénarios, dont je ne me souvenais pas des masses. Je ne suis pas le dernier à défendre la linéarité. Après tout, un scénario linéaire n’est qu’une possibilité de jeu. Mais l’aspect directif de tous les scénarios (au nombre de six, c’est à saluer !) a dépassé mon seuil de tolérance. Les premiers scénarios sont sous le signe des loas vaudous. Si vous ne faites pas ce qu’ils veulent, vous êtes mal. Dans le dernier, le plus long et celui qui présente le plus d’enjeu (Baron Mort Lente), c’est un PNJ chaperon qui donne toutes les directions à prendre. Ça me rappelle un peu certains scénars Rêve de Dragon que j’avais fini par trouver insupportables. Il y a bien un scénario non-linéaire, The house of the rising moon, mais j’ai malheureusement trouvé la rédaction confuse. Bref, y’a du taf.

Le bouquin se termine sur des aides de jeu bien utiles : résumés de règles, cartes, fiches et perso prétirés.

En conclusion, Capitaine Vaudou était en avance sur son temps et reste au niveau du système furieusement moderne, à mon avis. Sur la forme, en revanche (hors illustrations & co dont j’ai déjà écrit tout le bien que j’en pense), il me semble que cette nouvelle édition, comme Mega avant lui, aurait mérité l’intervention d’un·e éditeur·trice capable de rendre l’ensemble plus digeste. Du coup, je vais faire une petite pause, mais je lirai assurément les scénarios qui viennent avec l’écran du MJ.

Pour en savoir plus, une Master Class Capitaine Vaudou :

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