Couverture Chants de Loss Livre 2
Après le Monde de Loss, attaquons-nous aux règles. Bon, je vais commencer par faire mon pisse-vinaigre : la lecture de ce Livre 2 m’a moins fait kiffer que celle du Livre 1. Sans doute un peu parce que j’ai dû l’interrompre pour évaluer des mémoires de master, mais pas que. Je m’explique.

1. Ça s’empile. Et ça commence de suite avec la création de perso en 11 étapes. Jetez un œil à la feuille de perso, il y a plein de petites cases à remplir. Vous me direz, j’étais prévenu à l’avance et l’argument sur les étapes de création est spécieux. Points taken. Mais le système tourne sur trois niveaux de stats : vertus, traits et talents (et leurs spécialisations !). C’est au moins un de trop, deux à mon goût. Ajoutez-y des archétypes, des motivations, des avantages et défauts, des liens entre persos (j’en oublie sans doute), et ça devient touffu. Ce sont des outils utiles (encore que ça fasse un moment que je suis revenu des avantages/défauts en nombre), mais fallait-y tout y mettre, comme on dit chez nous ? Pour finir, on a aussi deux systèmes d’expérience parallèles : un pour les archétypes, un pour les traits et talents, sans parler de petites exceptions.

2. C’est mal organisé. Là, vous me trouvez sans doute gonflé. En fait, quand on aborde les règles proprement dites, on tombe sur cette phrase, qui est développée ensuite.

Pour faire simple il faut commencer par être complet.

En un mot comme en cent, je ne saurais être plus en désaccord. Si l’on vise la complétude (ce qui est un positionnement tout à fait légitime), il faut être progressif. En l’occurrence, au lieu de présenter avec le système toutes les actions possibles, avec leurs variantes et parfois des tableaux spécifiques (cette partie du bouquin était particulièrement étouffe-Jemmaï), introduire en premier lieu le cœur du moteur de résolution, puis dans un second temps les trucs plus spécifiques, chamanisme et chant de Loss compris (en gros, les machins mystiques), qui sont bizarrement dans le chapitre création de perso, m’aurait paru plus adéquat (comme Sheila — comme je n’ai pas fini de dire du mal, je relâche un peu de pression, mes excuses aux familles, surtout pour cette phrase à rallonge).

3. L’éditeur était en vacances. Bon, là, j’exagère. Le bouquin reste tout à fait lisible, mais j’ai trouvé qu’il y avait substantiellement plus de problèmes typographiques que dans le livre 1, dont « LE SYSTPME DE JEU » en entête de chapitre, un autre qui était rigolo mais que je n’arrive plus à retrouver et des X majuscules en lieu et place du signe de multiplication. Ça, c’était sur la forme. Sur le fond, il y aussi quelques problèmes, notamment des termes utilisés bien avant leur définition (par exemple fursa, qui m’a longtemps fait penser au sketch des Nuls « Monsieur de Fursac, votre braguette est ouverte. »), voire pas du tout (XP, sauf erreur de ma part — autant pour les débutant·es), ou l’utilisation alternative d’unités de mesure IRL (kilomètres) et in game (milles). ‘reusement, c’est à peu près pareil. Il y a aussi de chouettes tableaux de modificateurs de distance parcourue à pied, à cheval ou en voiture en fonction du climat et du chargement… Mais on n’a pas la distance de base. De toute façon, c’est plus classe de voyager en navire lévitant, au moins, là, on a les distances parcourues par jour. 🙂 Ah, et la jauge de détresse (que j’aurais pu ajouter aussi à la rubrique « ça s’empile ») qui fonctionne sur le principe « plus tu as de détresse, moins tu es en détresse ». Gné ?! 🙂

Après toutes les horreurs que je viens d’écrire, vous avez peut-être envie de laisser tomber les Chants de Loss. Pourtant, j’aurais plutôt envie de vous dire de vous accrocher. En tout cas, c’est ce que je vais faire. Parce que malgré toutes les fioritures et les petites maladresses (les exploits qui ne fonctionnent pas tout à fait pareil en combat que pour les autres actions, mais je vais arrêter là, je suis dans la partie positive, crénom !), le cœur du système est réellement simple et me semble facile à prendre en main. Du classique, deux stats à ajouter contre une difficulté (pratiquement toujours la même, avec quelques incréments faciles à se rappeler si nécessaire) et un système d’exploits simple et ludique (un peu plus velu en combat, certes). Le système me semble également suffisamment modulaire pour tailler dans le gras si ça vous chante. Enfin, j’ai aussi bien aimé le côté freeform, mais balisé, des talents mystiques, et beaucoup apprécié le souci d’intégration de l’univers de Loss dans les règles.

Bref, comptez-sur moi pour vous raconter les Secrets de Loss (le Livre 3) prochainement.

2 réponses à to “Les Chants de Loss Livre 2 : les Lois de Loss”

  • Tybalt says:

    De l’influence des copies d’étudiants sur la sévérité des critiques de jeux 😀 En dehors des fautes typographiques toujours agaçantes (quoique redoutablement difficiles à éliminer complètement), j’ai l’impression que les règles, sans être affreuses, ne sont pas présentées de manière à être accessibles aux rôlistes débutants. C’est dommage, et ce n’est pas la tendance actuelle (ni celle vers où penchent mes goûts), mais j’espère que ça ne rend pas le machin inabordable.
    Merci pour cette critique et vivement la suite ! (Et bon courage avec les copies !)

  • Si le système de règles ne vous rebute pas trop, sachez qu’il en existe une version en (CC BY-SA 4.0).
    ça s’appelle Openrange et c’est sous-titré : Le jeu de rôle des séries et des films d’action : http://futurimmediat.psychee.org/2020/09/16/tout-openrange-en-pdf-a-telecharger/
    Ça se présente sous la forme d’un dump pdf fait à partir d’un fichier MSWord et c’est encore une version beta, mais si ça vous rebute, sachez que je suis en train de le remettre en page, et ça se passe là : http://david.berco.free.fr/wordpress/?p=1605
    Bonne lecture !

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