Couverture Nautilus Graffet
Nautilus est un jeu-campagne qui met en scène les héritier·es du Capitaine Nemo, propulsé·es aux commandes du Nautilus (le sous-marin, pour ceux qui dorment au fond). Le bouquin de 236 pages, qui a un format singulier (18,5 cm x 28,5 cm), est magnifique, entre mise en page sobre, gravures d’époque et planches en couleurs superbes. J’admire particulièrement la couverture de Didier Graffet (il en existe une autre), qui en avait déjà proposé une magnifique pour une VF de Blue Planet qui n’a malheureusement jamais vu le jour (mais je m’égare). Mon seul bémol sur la forme, ce sont les polices de caractères peu lisibles utilisées pour les extraits de l’œuvre de Jules Verne et autres fac-similés de documents manuscrits.

Le bouquin est divisé en quatre grandes parties. La première est une longue introduction qui définit l’intention des auteurs, la thématique, comment jouer historique-steampunk. Elle replace aussi dans son contexte le colonialisme, le racisme, l’esclavage, la place des femmes, etc. pour mieux s’en affranchir. Apparemment, quelques fâcheux s’en sont émus. Tant pis pour eux.

La seconde partie est dévolue au contexte : géographie et lieux emblématiques, chronologie, personnalités célèbres, le Nautilus et son équipage, faune et flore aquatique… J’ai beaucoup apprécié dans cette présentation qu’il n’y ait pas de blabla (contrairement à Dune, tacle glissé). Chaque entrée est concise, précise et directement utilisable.

La troisième partie est dédiée aux règles. Le système est à base de brouettes de d10 et de comptage de réussites au-delà d’un seuil variable. Ce n’est clairement pas ce que je préfère, mais comme l’idée est de ne lancer les dés que quand c’est vraiment important, je peux le supporter, bien que l’envie d’utiliser Château Falkenstein me soit immédiatement venue à l’esprit (on ne se refait pas). Le seuil de difficulté varie quand les personnages « ont la pression » (sans jeu de mot, bien qu’on parle aussi de la pression sous l’eau, ce qui peut être source de confusion au début). En gros, plus on stresse, plus on foire. Je ne suis pas sûr d’adhérer. Par contre, le mécanisme Tous sur le pont ! permet à tou·tes les PJ de gérer des manœuvres complexes en équipe, et probablement de contrecarrer la pression. Je trouve ça très bien vu, d’autant que le Nautilus est un méta-personnage (qui rassemble ceux de chair et de sang, peut évoluer, etc.), une mécanique que j’apprécie beaucoup depuis Ars Magica, Blue Planet, Traveller, Serenity/Firefly et quelques autres.

Enfin, la quatrième partie est la campagne de six scénarios. Je dois dire que je suis mitigé. Côté plus, on a différents types de scénars : linéaires, bac à sable, huis clos. On est bien dans l’ambiance et aussi dans le ton voulu pour la campagne. Côté moins, je trouve en toute subjectivité les intrigues un peu minces. À vouloir trop coller aux écrits de Verne, malgré une interprétation et des extrapolations pertinentes, il manque un petit quelque chose. De plus, il n’y a pas non plus de fil conducteur entre les épisodes de la campagne. Enfin, la Némésis annoncée est tellement discrète qu’on voit mal comment la confronter en guise d’apothéose.

En résumé, je trouve Nautilus plutôt attachant, mais ma grosse attente étant la campagne, je ne peux m’empêcher d’être un peu déçu. Mais il me reste encore un Livret d’aventures à lire, peut-être que ?

Pour en savoir plus, l’ouverture critique de Rôliste TV :

Une réponse à to “Nautilus”

  • Tybalt says:

    Je rejoins en bonne partie ton avis. Les points forts du jeu résident dans son traitement de l’univers, fortement documenté par la lecture des romans de Verne, et dans quelques belles idées pour le système de règles. La campagne contient pas mal de bonnes choses mais, en l’état, m’a paru un peu simplette, et surtout le « grand méchant » manque d’une introduction à sa hauteur, je trouve. Cela dit, avec un peu de bricolage, ça se rattrape.

Laisser un commentaire

Suivre mes actus
Flux RSS     Mastodon
Recherche
Derniers pouets
Archives
Add Free Blog button
Haut de page
Skip to content