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Ce site est essentiellement consacré à mon principal hobby : le jeu de rôle (JdR). Pour les choses sérieuses, veuillez consulter mes pages web de l’Université Lyon 2.

Couverture FACES

Moi, j’aime pas les JdR génériques.
– Euh, gros, tu es en train d’en chroniquer deux à la suite, là, après FU.
– Oui, bon, euh… Mais j’aime bien les JdR génériques qu’on peut adapter (et pas juste appliquer) à différents contextes. Et j’avais bien aimé Sherwood, du même auteur que FACES. Ça va, là ?

Or, donc, FACES est un JdR générique qui, dans la version que je me suis offerte (il y en a aussi en noir et blanc et en e-book moins chères), se présente comme un joli bouquin de 200 et quelques pages, tout en couleur et papier glacé. Environ 80 pages sont consacrées aux règles communes, qui sont ensuite spécialisées et complétées pour cinq univers différents : med-fan, pulp, post-apo, cyberpunk et space op’. Une quinzaine de pages de conseils ponctue l’ouvrage.

Je vais commencer avec ce qui fâche : la mise en page. Trop de polices et de tailles de caractères différentes (la taille du texte principal est trop petite, notamment), trop de couleurs, trop d’encadrés et de logos dispensables, trop d’ « inverse vidéo », trop de « ceinture et bretelles » (gras et souligné, majuscules et italiques), des exemples en marge de la page précédente… Ça pique ! Rien à voir avec la sobriété de bon aloi de la mise en page de Sherwood. Ça me fait penser aux premiers sites web qu’on créait dans les années 1990, juste parce qu’on savait le faire techniquement. Et en plus, pas de bol, je n’ai pas accroché à la plupart des illustrations.

Pour autant, FACES ne manque pas de bons côtés, à commencer par les règles qui sont essentiellement celles de Sherwood (relire ma critique pour en savoir plus) un peu améliorées et encore plus didactiques (plus de place dispo !), avec une présentation du JdR, des exemples sur (absolument, il me semble) tous les points abordés et des conseils tant sur la préparation, la gestion (et la mise en scène) que le débriefing de la partie. Outre les règles de base et la création de perso, on trouve aussi des règles avancées (et optionnelles) de combat, de poursuite, de gestion de relations, de magie et autres pouvoirs psis, plus de quoi se faire mal autrement qu’en se maravant la tête et se soigner, pour faire bonne mesure. Le tout reste simple et toujours cohérent (les règles de poursuite sont une adaptation de celles du combat, par exemple). Vraiment une belle mécanique.

Les déclinaisons en différents univers débutent par une nouvelle qui ne me réconcilie pas avec cette lubie des rôlistes d’en fourrer dans leurs jeux. En l’occurrence, essayer d’instiller une ambiance dans un contexte générique est assez incongru. Et puis, on est dans un livre de règles ou bien ? La suite est certes utilitaire, mais tout à fait indispensable et solide : talents spécifiques à l’univers et leurs combinaisons avec les attributs (qui, eux, sont communs), espèces de persos (appelées races, bof bof) quand c’est pertinent, profils (archétypes) de personnages, matos et autres spécificités comme les mutations en post-apo et la Matrice en cyberpunk. Ah, et puis aussi quelques adversaires typiques, pour faire bonne mesure. Vous êtes paré.es, il ne manque plus que des scénarios (vous avez aussi le droit de les créer 🙂 ).

En conclusion, malgré mon gros bémol sur la forme de FACES (qui ne relève pas que des goûts et des couleurs, je pense), le fond est une franche réussite. Je suis pressé de motoriser quelque chose avec. Tiens, pourquoi pas Lankhmar, dont la déclinaison Savage Worlds ne m’inspire pas plus que ça ? Ou encore le Trône de Fer, dont les règles m’inspirent de moins en moins au fur et à mesure que je bouquine la campagne « Le Trésor du Dragon » (dont je vous causerai bientôt) ? Il doit même y avoir moyen de faire des règles sur les maisons nobles, les intrigues et les combats de masse à la manière simple de FACES… À suivre !

Logo Mega 5
Ça chauffait, c’est fait, j’inaugure une section Mega 5 de mon site avec une aide à la création de personnages Megas et un récap du matériel.

Couverture FU le JdR
FU est un système générique libre distribué sous licence Creative Commons (CC BY pour être précis), qui motorise notamment un jeu que j’aime beaucoup, Wastburg. Au détour d’un achat de dés (voir ci-dessous), je me suis vu offrir 10 € de PDF par les éditions Stellamaris. Mon choix s’est naturellement posé sur la traduction française de FU.

FU se présente sous a forme d’un livret carré (pas facile de se rendre compte de la taille en PDF) de 80 pages, joliment mis en page et illustré. Après une introduction au JdR, on passe aux personnages, qui sont décrits par un concept, quatre descripteurs (caractéristiques) textuels (corps, esprit, atout, faille), deux pièces de matos « fétiches », une description, une motivation et deux (en moyenne) relations avec les autres personnages. C’est tout !

Le système fonctionne à base d’1d6 donnant les résultats « Non, et… », « Non », « Non, mais… », « Oui, mais… », « Oui » et « Oui, et… », du moins au plus favorable. Ces résultats nuancés encouragent et facilitent la description. Pour corser un peu l’affaire, des circonstances favorables/défavorables (avoir le bon outil ou le descripteur qui va bien, ou au contraire la faille qui fait mal ou une difficulté supplémentaire) donnent des dés de bonus/malus. En cas de dés bonus/malus, on conserve le résultat le plus favorable/défavorable. Ajoutez à ça des points FU qui permettent d’ajouter un dé bonus (avant le jet) ou de relancer un dé (après le jet), et… c’est tout ! Et le mieux, c’est que ça fonctionne.

Le tout est très bien expliqué et illustré d’exemples pertinents, et cela se poursuit dans les conseils au narrateur (MJ). Je suis plus mitigé quant au scénario d’introduction fourni, qui est une suite de scènes comme autant de défis. Ça manque de liant à la fois dans l’intrigue et dans les possibilité de roleplay (à part peut-être la toute dernière scène). Les scénarios Wastburg démontrent qu’on peut faire bien mieux. Le livret se termine sur des annexes, à savoir une feuille de perso très typée (autant pour la généricité) et de nombreux exemples de descripteurs.

Au final, FU est vraiment sympa pour jouer rule-light, notamment pour recycler en one-shot des scénarios d’autres jeux sans avoir à se prendre la tête sur les stats des PNJ. Il doit très bien fonctionner pour des parties de découverte.

Dés FU

Couverture Casus Belli 28
Comme au bimestre dernier, ce Casus déborde de news et de critiques (le contraste est saisissant avec le dernier JdR mag). Voilà qui est réjouissant. Viennent ensuite trois scénarios et, une fois n’est pas coutume, j’en ai lu un ! Jouable sans règle particulière, « Excès de zèle » (ou plutôt son auteur Julien Arnaud) a gagné un concours à l’occasion de la sortie de la BD Gagner la guerre. Dans le ton de la BD et des romans de Jaworski, le scénario est haut en couleurs et en coups tordus. J’adore !

J’ai ensuite encore sauté le gros morceau que constitue Menace X (Chroniques Oubliées contemporain – oui, je sais, elles devraient être contemporaines). Mais je me suis régalé à la lecture de la rubrique Bâtisses & Artifices, qui propose une commanderie templière de moines-soldat.es (oui, c’est mixte et, si les chevalier.es n’ont pas le droit de se marier, rien n’est dit sur la chasteté, au contraire, même) riche de bâtiments, d’habitant.es med-fan et d’amorces de scénarios. Bref, un excellent cru.

La rubrique Archéorôlisme n’est pas en reste. Bien que les ouvrages évoqués soient parfaitement oubliables, j’ai bien aimé me replonger dans Bernard & Jean (les Starsky & Hutch du fin fond de la Côte d’Or) et le Palais de la Princesse Argenta (et surtout ses dessous. Non, pas ceux de la princesse, ceux du scénario et de son histoire rocambolesque !).

Autre point d’intérêt pour moi : une comparaison complète des boîtes de JdR de découverte. C’est casse-gueule de proposer ce genre de dossier dans Casus, qui est édité par BBE, qui vends ce genre de boîtes. Du coup, luxe de précautions méthodologiques et de transparence : définition d’une boîte de découverte, critères de qualité (notés et commentés), évaluation des produits BBE par des extérieurs. L’effort est à saluer (sans ironie aucune). Mais j’ai deux petits « mais ». L’évaluation externe de ses propres produits est bien sûr obligatoire, mais si les notes des internes sont basses… Pas que j’ai le moindre soupçon, mais d’autres ne s’en priveront sans doute pas, d’autant que the winner is Chroniques Oubliées, une boîte made in BBE. De plus, un critère me chiffonne : la quantité de matériel, car elle n’est pas contrebalancée par le prix de la boîte. Les prix sont bien mentionnés dans certains commentaires et indiqués dans un tableau récapitulatif, mais ils ne font pas explicitement partie des critères de comparaison. Et devinez ? Chroniques oubliées fait partie des boîtes les plus remplies et les plus chères. Haters gonna hate. Pour ma part, je place aussi CO au plus haut, mais avec des ex-aequo en termes de rapport qualité/prix. Bon, ça fait au moins trois « mais ».

La fin du mag se distingue essentiellement par un entretien avec Jérémy Guilbon, infirmier psychiatrique qui fait jouer ses patients. Un témoignage passionnant. That’s all, folks!

Couverture Jdr Mag 44
Je vais être désagréable d’emblée, je me suis un peu ennuyé à la lecture de ce numéro : pas beaucoup de news, des dossiers et entretiens pas inintéressants, mais pas ébouriffants non plus, et les scénarios que j’ai zappés (mais ce n’est toujours pas la faute du mag, à sa décharge).

J’ai aussi appris dans l’édito que la formule d’abonnement prenait fin, ce qui m’a rendu grognon, même si je prend acte des difficultés de gestion que cela occasionne à l’éditeur. On notera également que les Louves du Nord de la couverture sont moins frileuses que leurs homologues masculins de la page d’après (soupir).

Mais ça, c’était avant. Avant la rubrique Aspirine. Le premier article (consacré à la spéculation sur les jeux anciens) n’a pas grand chose à voir avec la théorie du JdR, je l’aurais préféré plus factuel et moins « romancé », mais il dresse un bon panorama.

C’est ensuite qu’on passe à la théorie, avec un bel article de Thomas Munier sur les auteurs d’une partie de JdR, à savoir les auteurs au sens où on l’entend habituellement (ainsi que les illustrateurs, traducteurs, etc.), le/la MJ (même dans le cas d’une fonction partagée ou tournante) et les joueur.ses. De plus, l’auteur (de l’article) a le bon goût d’utiliser rôliste comme adjectif plutôt que rôlistique (pour quoi complexifier les choses quand on peut les compliquer à loisir ? Et je vous passe la « volumétrie », qui est la mesure du volume et non le volume lui-même, que je subis au quotidien. Mais je m’égare) et de savoir écrire une phrase comprenant des puces. Mieux encore, cet article est le début d’une série. Bon, comme nul n’est parfait, on reprendra Thomas Munier sur son orthographe exotique de Talistanta et son approximation sur les personnages multiples joués dans Ars Magica, mais j’aime beaucoup ce que vous écrivez, Monsieur. Si j’aurais su, je vous aurais suivi de plus près plus tôt.

Le mag se termine sur un article à propos des vidéocasts rôlistes, toujours sans rapport avec le théorie du JdR, mais fort intéressant, surtout le décorticage d’HarmonQuest, une (super, à l’échelle rôliste) production américaine qui semble exemplaire pour présenter le hobby de manière attractive.

Pour finir, on peut maintenant se procurer le magazine sur le site de son éditeur, TITAM.

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