Articles avec le tag ‘Capitaine Vaudou’

Ecran Capitaine Vaudou
Commençons par l’écran, ce sera assez vite fait. Gros carton costaud, format portrait (je préfère le paysage), magnifique illustration côté joueur·ses, glauque au sens propre comme au figuré (comme je l’écrivais un peu plus tôt, le jeu me semble plus tirer vers le vaudou que l’édition originale, bien qu’il soit fort possible que ma mémoire flanche). Côté MJ, c’est couci-couça : des tableaux lisibles et du texte trop dense se côtoient.

Le livret qui accompagne l’écran contient, en sus de la campagne Expédition Potosi, un court scénario, certes dirigiste, mais qui devrait permettre de faire des bonnes parties de découverte en un temps limité ; ainsi qu’une aide de jeu vite expédiée sur la tarologie : on tire des cartes et on écope (hi hi) de bonus/malus.

Mais revenons au plat de résistance sans divulgâcher. Il y a du bon et du moins bon. Côté bon : toujours de chouettes mise en page et illustrations, une sacrée épopée digne des bouquins de pirates que vous empruntiez au CDI après avoir boulotté les mythes et légendes grecs, genre le sac de Carthagène ; ainsi que de l’exotisme et des paysages grandioses.

Côté moins bon : une campagne qui alterne dirigisme extrême à base de PNJ en quête et des scènes d’anthologie requérant un gros boulot de préparation, de longs voyages à meubler avec comme seule aide quelques épreuves synonymes de jets de dés, très peu de PNJ marquants (genre, deux). L’intro indique que « cette campagne s’adresse à une meneuse expérimentée aimant l’improvisation », mais le livret donne relativement peu de billes pour ce faire. Demerden Sie sich! Tant qu’on y est, les joueur·ses doivent être expérimenté·es et il y a des prérequis de talents chez les persos.

Bref, on reste dans une veine old school, vous voilà prévenus.

Logo Capitaine Vaudou 2020
Bon, j’avais dit que je ne coderais sans doute pas le générateur d’historique de persos de Capitaine Vaudou. Comme seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, j’ai fini par m’y mettre. C’était rigolo. Du coup (il paraît qu’il faudrait plutôt dire de fait, mais c’est dur de se débarrasser de ce tic de langage), j’inaugure une section Capitaine Vaudou.

Couverture Capitaine Vaudou 2020
On dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Après Mega, j’ai craqué pour Capitaine Vaudou, dont je possède pourtant l’original. Mais les illustrations proposées lors du foulancement l’ont emporté, ainsi que la promesse d’une modernisation du système. Par ailleurs, j’attends d’habitude la version papier pour lire un nouveau jeu, mais ce coup-ci, je me suis rué sur le PDF. Ouais, je suis faible.

Côté forme, la promesse est largement tenue. Les illustrations, qu’elles soient en couleur ou en noir et blanc, sont superbes (et la trogne des auteurs en pirates vaut sont pesant de pièces de huit !). La maquette est sobre et agréable. Tout ce que j’aime. « Le jeu de rôle expliqué aux moussaillons », sous la forme d’un dialogue mère/MJ-enfant/joueur, est peut-être un peu trop « littéraire », mais me semble bien atteindre son but.

On bascule ensuite dans le vieux pot, le système de jeu. Il est bien modernisé, avec une matrice de résolution plus petite (3×3 au lieu de 4×4) et quelques serrages de boulons. Il aborde tout ce qu’il faut pour jouer des aventures de pirates avec une bonne dose de vaudou (sans doute plus importante que l’original, mais ma mémoire peut me faire défaut). Mais boudiou que c’est ultra-détaillé… et aride. Un truc m’a particulièrement intéressé : la création aléatoire (ou par choix) de l’historique des personnages. Malheureusement, cet historique est pratiquement déconnecté des caractéristiques du perso. Du coup, pas sûr que je le code (il ne faudrait pas que ça devienne une marotte 🙂 ).

Ça va mieux dans la partie univers, où l’on se balade de la vieille Europe au nouveau monde en passant par leurs traditions ésotériques respectives, en couvrant tout le spectre utile au jeu, mais sans pour autant tomber dans l’encyclopédie indigeste.

J’attendais beaucoup des scénarios, dont je ne me souvenais pas des masses. Je ne suis pas le dernier à défendre la linéarité. Après tout, un scénario linéaire n’est qu’une possibilité de jeu. Mais l’aspect directif de tous les scénarios (au nombre de six, c’est à saluer !) a dépassé mon seuil de tolérance. Les premiers scénarios sont sous le signe des loas vaudous. Si vous ne faites pas ce qu’ils veulent, vous êtes mal. Dans le dernier, le plus long et celui qui présente le plus d’enjeu (Baron Mort Lente), c’est un PNJ chaperon qui donne toutes les directions à prendre. Ça me rappelle un peu certains scénars Rêve de Dragon que j’avais fini par trouver insupportables. Il y a bien un scénario non-linéaire, The house of the rising moon, mais j’ai malheureusement trouvé la rédaction confuse. Bref, y’a du taf.

Le bouquin se termine sur des aides de jeu bien utiles : résumés de règles, cartes, fiches et perso prétirés.

En conclusion, Capitaine Vaudou était en avance sur son temps et reste au niveau du système furieusement moderne, à mon avis. Sur la forme, en revanche (hors illustrations & co dont j’ai déjà écrit tout le bien que j’en pense), il me semble que cette nouvelle édition, comme Mega avant lui, aurait mérité l’intervention d’un·e éditeur·trice capable de rendre l’ensemble plus digeste. Du coup, je vais faire une petite pause, mais je lirai assurément les scénarios qui viennent avec l’écran du MJ.

Pour en savoir plus, une Master Class Capitaine Vaudou :

Suivre mes actus
Flux RSS     Twitter
Recherche
Archives
Add Free Blog button
Haut de page
Skip to content