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Couverture Casus Belli 34
Malgré les craintes de retard de ce numéro évoquées dans le précédent, il a été livré en temps et en heure, du moins en PDF. Je suppose d’ailleurs que j’ai téléchargé la toute première version, car les coquilles ne manquent pas. La plus rigolote est « biîte » ; celle qui m’a le plus fait enrager est la confusion de Canis Bellus (dont j’étais fan du mauvais goût) avec un Canis Belli qui n’a jamais existé.

La première « aide de jeu » n’est autre que le JdR Funtasy complet, qui avait été mis à disposition gratuitement pendant le confinement. Il est notamment utilisé pour les caracs techniques de la dernière partie du mag, consacrée aux 40 ans de Casus (ça ne nous rajeunit pas). Sera-ce le nouveau système de référence du mag pour le med-fan ?

Suit un Bâtisses & Artifices laelithien en diable, la boutique d’un hobbit qui regorge de surprises. L’envie me revient, l’envie me revient… 🙂 MJ Only se consacre une dernière fois à l’animation de combat, cette fois-ci sous l’angle très concret de la mise en scène. De l’or en barre si vous jouez à Feng Shui (mais pas que). PJ Only s’attache à développer le caractère de vos personnages avec des outils que l’auteur de l’article manie avec des pincettes, mais qui sont intéressants quand ils sont détournés pour le JdR.

La partie archéorôlie ne m’a pas passionné, en partie parce que les jeux des grosses locomotives White Wolf et TSR n’étaient pas ma came à l’époque, et sans doute aussi parce que c’est pour moi plus de l’histoire que de l’archéologie. 🙂

Comme je l’écris plus haut, la fin du mag est un hommage aux incarnations précédentes de Casus. François Marcela-Froideval a été une beaucoup moins une figure tutélaire que Didier Guiserix pour moi, qui n’ai pas fait partie de la toute première génération de rôlistes et l’ai vu partir aux USA pour bosser sur AD&D qui n’était déjà plus ma tasse de thé. J’ai même une copine de fac qui me racontait les GN avec Feu Meu-Feu (Hélène, si par un extraordinaire hasard tu me lis, salut !), mais je n’ai jamais été GNiste. Nonobstant, la longue entrevue à laquelle il s’est prêté vaut complètement le coup.

Le tout premier scénario ainsi que les premiers streums publiés dans Casus (n° 2) sont plutôt anecdotiques, bien que sympathiques. L’analyse fine des différentes périodes du magazine est, elle, littéralement passionnante. Et illustrée de photos d’époque des pionniers du magazine. 🙂

Et pour finir avec du lourd (encore), le dernier entretien est celui de Johann Sfar, qui revient à ses premières amours rôlistes avec un JdR qui s’intitulera Monstres. Comme je suis revenu des revenants, je réserve mon avis, mais je prédis un foulancement digne de feu Sans Détour. À suivre…

Couverture Casus Belli 33
Comme convenu, j’attaque directement par le scénario COF/H&D qui se déroule à Laelith (oui, j’ai reçu des PDF, mais si possible je préférerais lire sur papier — après tout, c’est un contexte old school). Bon, c’est déjà mieux que le précédent scénar pseudo-laelithien recyclé qui ne se passait ni à Laelith, ni dans les environs, mais les enjeux des différentes factions ne sont pas toujours clairs. La scène d’intro est fermée et va forcément frustrer les PJ si jouée telle quelle. D’autres scènes me semblent boucler : on part d’une scène sur la foi d’infos données par Machin, puis dans la suivante, il faut trouver Machin ou quelque chose du genre. Quelqu’un trouvait sur Casus NO que les scénars Casus étaient trop rédigés, voire littéraires, et manquaient d’outils pratiques pour les mener. Je crains que ce scénario-ci en soit un exemple criant.

Passons aux aides de jeu. La première est consacrée au super-héros de « l’âge d’or », que j’ai consciencieusement zappée. Créer son système maison est intéressante, avec des conseils qui paraissent évidents (ça peut évidemment dépendre des lecteur·trices) et d’autres qui tapent très juste. Bâtisses & Artifices nous emmène à Shantipole, un astéroïde déjà vu dans vieux scénar Star Wars que je n’ai pas eu le plaisir de jouer. Plutôt sympa. Continuer à sortir du med-fan est une bonne idée. L’AdJ suivante, dont je ne suis plus sûr qu’elle devienne récurrente (le sommaire indique « jeu complet »), propose en tant qu’inspi un personnage, un objet et un événement. Je n’ai pas accroché plus que ça pour l’instant. MJ only continue de creuser le sillon du combat qui sort de l’attaque-défense, avec brio. PJ only est consacré à l’enquête, quelque part entre méthodo policière et application immédiate au JdR. Pas mal du tout non plus.

Côté archéorôlie, j’ai retrouvé avec plaisir Miles+Christi (ah, ce vieux souvenir d’une énigme à résoudre vers minuit qui nous a emmené au moins à 3 heures du mat’… Plus de mon âge…). Buck Rogers version TSR, c’était plus confidentiel par chez nous. Dans la partie magazine, on reparle de l’actual play Rôle’n play en balade à Cannes. J’ai mis ma fille sur l’affaire, je n’ai pas la patience de tout regarder, mais ça a l’air de cartonner et de susciter des vocations rôlistes. Faut pas gâcher. Suit un dossier sur les jeux sans MJ que j’aurais aimé plus technique (par des exemples, notamment), une balade sur le long du Rhin (la partie que j’ai trouvée la plus chouette d’un voyage en Allemagne), deux entretiens très sympas.

Et un billet de fin qui présage de probables soucis pour boucler le prochain numéro en pleine crise COVID-19, mais avec une note optimiste liée à l’imagination légendaire (ou pas 🙂 ) des rôlistes !

Couverture Casus Belli 32
J’avais écrit dans ma précédente chronique que je ne ne parlerais plus des news et des critiques. Toutefois, je ne sais pas si j’ai lu une version (PDF) préliminaire, mais c’est la fête à la répétition dans la première moitié du mag, au moins. Surprenant, je n’ai pas souvenir de ce genre de chose par le passé.

Bon, passons directement à ce qui génère beaucoup d’attente chez moi depuis deux numéros : la dernière partie de Chroniques Oubliées West. Après quelques pages de règles et de matos, voilà le grand scénario promis. À vrai dire, je m’étais figuré que c’était une campagne, mais vérification faite, j’avais tort. Difficile toutefois d’être déçu par cette chouette enquête à la Nouvelle Orléans. On pourrait regretter que le contexte surnaturel (le no man’s land entre le Nord et le Sud, entre autres) ne soit pas beaucoup exploité, mais, pour ma part, ce n’est pas l’aspect que j’ai préféré.

Une fois n’est pas coutume, j’ai zappé la rubrique Bâtisses & artifices, une prison rennaise pour Shadowrun. En revanche, j’ai lu le coup de cœur de la rédac’ pour le mini-jeu « Gwyn’ la taxi » (soumis à un concours de jeux en 6500 signes). Un contexte (en gros, une virée en taxi dans New York) peut-être un peu long pour la contrainte, une création de groupe de bon aloi, des persos dotés de trois caractéristiques (on reste dans le ton), un système aléatoire à bases de cartes à jouer (j’aime) et finalement le système. Et là, c’est le drame. Les joueur·ses choisissent une difficulté (comment ?), le/la MJ pose une carte qui détermine si l’obstacle est mineur, médian ou majeur (mais démerdez-vous avec ça) et les joueur·ses dont les persos font des actions tirent autant de cartes que la carac’ qui va bien et la comparent à une difficulté définie par le/la MJ (comment ?). Mais surtout, que font-ils, ces persos, alors que c’est Gwyn qui conduit le taxi ? Trop de mystères pour moi…

Côté aides de jeu, MJ Only nous aide à préparer un combat comme au cinéma. Je pensais avoir déjà tout lu sur le sujet, mais il y a quelques nouveautés tout de même. PJ Only nous propose la session zéro, quelque part entre contrat social et création de groupe, pour bien démarrer une campagne. On bascule ensuite sur l’archéorôlie avec Alternity, la SF made in TSR (pas ma came) et Dark Sun (encore TSR !), du D&D atypique, mais toujours pas ma came. Les entretiens avec des rôlistes (ou ex-) qui ont fait carrière hors-JdR sont chouettes. Les deux interviewés soulignent l’apport du JdR dans leur métier. Et Alain Damasio affirme même que le JdR n’est pas un art. 🙂 Un dernier détour à l’expo Tolkien et le tour est joué.

Couverture Casus Belli 31
Bon, je crois que je vais arrêter de dire qu’il y a moult news et critiques diverses et variées dans CB, parce que ça commence à faire un paquet de numéros que c’est le cas. Donc si je ne me plains pas à l’avenir, c’est que ça continue. Tant que j’y suis, je ne mentionnerai plus que les scénarios que je lis pour une raison ou pour une autre (en gros, que je meujeute le jeu ou que je songe à adapter le scénar, genre à FACES) plutôt que de rabâcher pourquoi je ne les lis pas.

Alors, que reste-t-il ? J’étais très impatient de lire la suite de COW (Chroniques Oubliées Western), et pas seulement parce que l’acronyme me fait marrer. Je reste un peu sur ma faim. Ça commence par de la technique (des voies, pour les connaisseurs de CO). Suivent de nouvelles organisations secrètes et enfin de nouveaux archétypes. Du coup, j’ai un peu perdu le fil de l’affaire et j’attends avec impatience les scénars prévus pour le prochain numéro.

Côté aides de jeu, la rubrique Bâtisses & Artifices est un grand cru : un chariot constitué de deux diligences accolées et bardé de bidules défensifs, avec les PNJ qui vont bien pour le manier et de chouettes illustrations. C’est clairement med-fan, mais dans le genre c’est très bien fait. Suivent deux aides de jeu pour Meute et une pour Donj’, respectivement, que j’ai zappées (cf. les scénars 🙂 ). La rubrique MJ Only, que j’attends toujours avec impatience, est consacrée à la narration partagée en pratique. Celle que vous pratiquez peut-être sans vous en rendre compte, en fait. Le début est très bien, mais j’ai décroché de l’exemple de scénario, très typé (Shadowrun), un brin demerden Sie sich et finalement moins clair que l’intro.

J’ai bien apprécié la partie archéorôlie (Mystara, je ne savais même pas que mes vieux gazetteers y étaient sis, et Judge Dredd, qui m’a rappelé la période où on faisait des persos géniaux sans jouer ensuite — spéciale dédicace à Olivier 🙂 ). J’ai aussi trouvé les (nombreux) entretiens très intéressants : Goodman (celui de Goodman games, pas John), Cerutti (romancier), Ejsing (illustrateur danois) et Arleston (faut-il vraiment le présenter ?).

Et pour finir, le Casus Club m’a fait sourire. Mais je crois que ce qui m’a le plus fait poiler, c’est la pub de Philibert en quatrième de couverture. 🙂

Couverture Casus Belli 30
Comme toujours, la section info-news de Casus est très fournie (le contraste avec le dernier JdR Mag est saisissant) et variée. Comme d’habitude, je saute les scénarios tout en notant le Rêve de Dragons pour ma MJ.

C’était clair comme de l’eau de roche, on aurait droit à un nouvel univers Chroniques Oubliées. Ce coup-ci et pour quelques numéros, c’est le western qui est à l’honneur. Si vous me lisez régulièrement, vous connaissez ma réticence à utiliser CO à toutes les sauces. Mais là, là, ça cause surtout de contexte uchronique où le Sud n’a pas perdu la guerre civile en faisant appel aux Anglais, avec les Français pas très loin (au Mexique) et un no man’s land sur la ligne de front qui fleure bon (ou pas) le surnaturel. Si ça continue aussi bien, ça sent l’adaptation à FACES. 🙂

Comme rarement, j’ai été moins emballé par les aides de jeu, un Bâtisses et artifices très marqué pour un jeu précis et des règles additionnelles pour CO Mini. Comme pour compenser, la séquence rétro est fort sympathique, avec un long papier sur Runequest et un second sur Carl Sargent. Comme de bien entendu, la fin du magazine, intitulée Magazine, débute par trois entretiens plutôt sympas et se termine par un peu de remplissage.

Enfin, comme dirait l’autre, ce numéro de Casus fait le taf’. On ne peut évidemment pas tout aimer (« На вкус, на цвет, товарищи нет ») ni exploiter, mais y’a du matos.

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