Articles avec le tag ‘Casus Belli’

Couverture Casus Belli #21
Chouette couverture made in Polaris pour ce numéro 21. Côté contenu, l’actualité et les critiques sont fournies ce bimestre. Je ne fais jamais ça d’habitude, mais je vais m’arrêter un instant sur la critique de Curious Creatures (un supplément Castle Falkenstein), dont je suis crédité comme seul auteur. Mon texte ayant été substantiellement complété, j’aurais été plus à l’aise que mon co-auteur soit également mentionné, même si moi, je me doute bien de son identité. De plus, je refuse que me soit attribuée l’appellation de « Falkou » pour le Grand Jeu. Jamais, au grand jamais, je n’ai ni ne vais utiliser ce terme. Ce n’est vraiment pas comme il faut. Instructif entretien avec Le Grümph, pour terminer cette partie du mag.

Venons-en au matériel de jeu. Une fois n’est pas coutume, j’ai lu un scénario ! Celui pour Chroniques Oubliées Fantasy, en l’occurrence. C’est encore un scénar d’introduction, qui présente un peu toujours la même structure que ses prédécesseurs, mais j’aurais tendance à dire qu’on ne manque jamais de ce type de scénars, d’autant que BBE fournit des campagnes plus velues par ailleurs. J’ai également lu avec attention la dernière partie de Magistrats & Manigances, le jeu d’enquêtes façon Juge Ti. Il s’agit ici de scénarios fort sympathiques, avec des intrigues imbriquées (ouille mon cerveau). Le tout me laisse cependant une impression très mécanique ; il faudrait que je me repenche sérieusement sur les règles pour voir si je les trouve moins embrouillées a posteriori. Bien que pas du tout fan de jazz, j’ai trouvé le Bâtisses & Artifices sur un club de jazz très bien fichu (et bien documenté). Pour finir, l’article sur le jeu quand son personnage est (justement) hors-jeu est un brin confus au début, un brin répétitif. Je ne suis pas fan de la métaphore employée (ni de l’abus de métaphores en général), mais il y a pas mal d’idées intéressantes, dont je soulignerai la principale : la phrase « tais-toi, t’es pas là » est à proscrire.

Je passe sur la rubrique rétro qui ne m’a guère plus intéressée qu’à l’époque pour aborder le dossier sur les remakes. L’idée de base est bonne vu leur nombre en ce moment, mais il y a bien peu d’auteurs ou d’éditeurs pour porter la contradiction, voire simplement un peu de réflexion. Le consensus est à « c’est bien, no problemo, passez votre chemin ». J’avoue que ça n’a pas bouleversé mon point de vue sur la question. Quels que soient les jeux (nouveau, nouvelle édition, remake…), j’achète ce qui me plaît et je délaisse ce qui ne me plaît pas sans me soucier du numéro de version éventuel. Comme dans le précédent numéro, le billet de l’Odieux connard n’est guère saignant et le Casus Club toujours aussi lamentable. Et c’est quelqu’un qui a défendu Canis Bellus qui vous dit ça !

Case de BD Canis Bellus

Couverture Casus Belli 20
Comme l’annonce la couverture, Laelith revient (re-revient, en fait, même si je n’ai jamais utilisé la version « 20 ans après », lui préférant l’originale), entrevue avec le responsable de la première et troisième mouture à l’appui. J’en suis tout frétillant. :) Par contre, ma photo de vacances n’a pas été retenue. Pas de bol, j’avais oublié mon exemplaire de Casus le jour J et incruster l’image dans la photo n’a pas suffi. Du coup, je vous la recycle ci-dessous.

Côté nouvelles et critiques, c’est plus copieux que cet été et, côté création, ça l’est autant avec la fin de la campagne Chroniques galactiques, toujours très sympathique et ouverte (mais avec pas mal de boulot pour le MJ en perspective pour boucher les trous, en revanche) et la suite de Magistrats & manigances, le jeu d’enquêtes chinoises, plutôt axée sur le contexte, agréable à lire et bourrée de pistes de scénarios. J’attends tout de même les « vrais » scénarios à venir dans le numéro suivant avant de tenter de comprendre les règles du numéro précédent, que j’avais trouvées fort indigestes.

Comme souvent, j’ai fait l’impasse sur les scénarios, mais pas sur les aides de jeu, avec un Bâtisses & artifices encore une fois bien foutu, directement utilisable (notamment dans les environs de Laelith) et doté d’un twist amusant. Suivent quatre articles de réflexion sur le JdR : comment, à l’instar d’un scénario bac à sable, peut-on inviter les autres joueurs dans l’interprétation de son personnage (intéressant bien qu’un peu fouillis) ; comment organiser une partie pour arriver à un « jet de dé de climax » via des techniques narratives (pas inintéressant, pas ébouriffant non plus) ; comment devenir un professionnel du JdR, la suite (règle n° 1 : sauf exception type publication associative ou caritative, demander à être payé décemment) ; comment définir le roleplay (suite et fin — je persiste à trouver que le sujet aurait mérité un traitement plus long malgré la pertinence du propos).

Pour finir, les pages d’humour accueillent un petit « nouveau », l’odieux connard, que je n’ai pas trouvé particulièrement féroce, mais qui permet au barbare déchaîné de faire son retour, et ça c’est cool ! Et le Casus Club retombe dans la médiocrité.

Île déserte

Mutin Joe Casus, c'est ici que tu descends.

Couverture Casus Belli Hors Série #0
Suite à la promo PDF dont au sujet de laquelle je vous causais ci-dessous, j’ai aussi choppé ce hors-série Casus sur lequel j’avais fait l’impasse car seule l’aide de jeu Oblis m’intéressait réellement. Du coup, je l’ai bouquiné rapidos, car les aides de jeu et les scénarios ne me concernent toujours pas. Mais je me suis quand même attardé sur le début du mag, avec ses zoulies illustrations, quelques infos BBE inside, des interviews, Mongol & Gotha (mais sans doute trop en mode private joke pour moi). J’avais raté l’existence d’un JdR (une déclinaison de Chroniques Oubliées, en fait) d’animaux anthropomorphes adeptes du kung-fu (pas panda). Ç’aurait été dommage de ne pas me procurer ce HS rien que pour ça, j’espère y faire jouer. :) Et puis, bien sûr, la fameuse aide de jeu Oblis qui me fait espérer son retour dans Casus (courage, Raph !).

Bon, ben, bon dixième anniversaire à BBE avec deux ans de retard…

Couverture Casus Belli 19
Voici un numéro de Casus qui m’aura plus marqué par ses créations ludiques que par ses actualités. La période n’est sans doute pas très faste de ce côté. Je passe comme d’hab’ sur les scénarios pour entrer dans le vif de mon sujet du jour, à commencer par les Chroniques Galactiques, qui continuent de dégager une atmosphère propre très attirante, malgré un scénario que j’ai trouvé plus plat que les précédents. À remarquer quelques notes de conception fort intéressantes parues en ligne.

J’attendais aussi Magistrats & Manigances, un jeu de rôle permettant de vivre des aventures similaires à celles du juge Ti et consors. Chaque scénario vise à dénouer les fils d’une enquête et à amener, in fine, le coupable à avouer. Pour cela, les joueurs endossent alternativement le rôle du magistrat (collectivement — c’est une espèce de métapersonnage, à l’instar des alliances d’Ars Magica, mais incarné) et de ses assistants, qui eux sont des personnages plus classiques. La partie sur le contexte du jeu est captivante. En revanche, les règles ont de quoi étouffer toute une communauté de bouddhistes. Les procédures, jauges, actions, traits, rites et conditions (je crains d’en oublier !) s’accumulent au fil d’un long texte énumératif qui me fait sérieusement douter de ma capacité à expliquer clairement toute la formalisation de l’enquête à mes joueurs et à la maîtriser en partie.

Quelques détails me semblent aussi relever du mauvais game design, comme la jauge d’aveux des suspects, qui s’allonge en fonction de leur endurcissement et est doublée d’immunités à certaines actions du magistrat pour les faire craquer. Jusqu’ici, tout va bien, sauf que les deux sont corrélés plutôt qu’orthogonaux : plus on est endurci, plus on a d’immunités, ce qui élimine les profils de criminels « débutants » mais intelligents ou retors. Du coup, un seul indicateur suffirait. En résumé, tout ça est un peu trop codifié pour moi et me laisse dubitatif. On verra si ça devient plus clair dans les numéros suivants. Peut-être qu’à la lecture des scénarios ?

Bon, trêve de bavardage. Voyons la fin du numéro. Le dispensaire du Bâtisses & Artifices est du classique, bien ficelé. Une mage d’Hermès est ensuite présentée à la façon de Magi of Hermes. Si vous suivez le lien, vous comprendrez combien ça me passionne. L’article destiné aux joueurs intitulé « Concéder » est sympa, mais déjà lu sur le net. Le suivant, pour les MJ dont les joueurs annulent au dernier moment, est sans intérêt aucun à part, éventuellement, les anecdotes de la fin. La rubrique archéologie sur Raoûl n’est pas ma tasse de thé non plus, mais pourquoi pas. Le dernier truc notable est l’article sur le roleplay, plutôt très bien vu, mais un peu court. Pas étonnant d’ailleurs, il est est en deux parties. J’aurais bien aimé la seconde de suite. Ah oui, pour une fois, j’ai rigolé en lisant le Club Casus, qui se moque gentiment du foulancement tel qu’il est pratiqué par certains éditeurs, dont la maison mère de Casus.

Couverture Casus Belli 18
Et en avant pour un nouveau numéro de Casus. Je passe vite sur le début du magazine et les actualités (R.A.S.), de même que sur les critiques, nombreuses, diversifiées et complémentaires de celles de JdR Mag (le bonheur), avec un petit bravo pour la promptitude à chroniquer Mener des parties de jeu de rôle, même si j’en aurait voulu (encore) plus vu la taille de la bête. Je passe comme d’habitude les scénarios.

Deuxième focus sur Chroniques galactiques, que je continue à bien aimer, pas tant pour ses règles, bien que celles sur les E.T. et les pouvoirs psis m’aient bien plu (surtout la référence à Ténébreuse), que pour le contexte qui se déploie petit à petit, bien servi par le scénario de ce bimestre. Deuxième jeu dans la foulée, narrativiste celui-là, et complet : « Récit véridique » (je l’aurais bien sous-titré « Six Québécois dans un canoë » mais ç’aurait sans doute été anachronique). Ça ressemble à une murder party autour d’une table, sans MJ, avec des scènes façon Montségur 1244. Et un peu comme dans Montségur 1244, je ne trouve pas les explications limpides. Un peu moins de blabla défensif du genre « si le thème ne vous plaît pas, laissez tomber » (sans blague ?) et plus d’exemples n’auraient pas fait de mal.

Le Bâtisses & artifices est consacré à une mission archéologique. Très sympa, dans une ambiance agathachristienne. Du reste des aides de jeu, grandement consacré aux donj’ et qui ne ma guère passionné, j’ai retenu l’article sur les conflits entre joueurs, qui abuse d’une métaphore et de banalités sur le contrat social, mais présente un fond intéressant même quand on est pas un aficionado du PvP comme moi (il y a divers degrés et des conseils pratiques). Pour rester dans la même veine, la rétro sur Ambre en fait des tonnes sur le jeu sans dé, alors que ce qui m’a toujours déplu dans ce jeu est la compétition entre joueurs. Yes, we can… cooperate!

La fin du mag est consacrée à un article sur « devenir un professionnel du JdR » d’un grand pragmatisme, à un sondage qui a le mérite d’exister mais ne nous apprend pas grand chose de neuf sur le hobby, à une interview du député rôliste (toujours joueur assidu et auteur, même si je ne suis pas sûr que je doive mentionner le nom de son jeu vu qu’il utilise un pseudo) et à une analyse de l’inévitable duo David/Larré dont la thèse est que le JdR n’est pas qu’un jeu, mais un média comme un autre. Si ce dernier article contient indéniablement des réflexions intéressantes sur les thèmes éventuellement difficiles que l’on peut introduire en JdR, je suis un peu gêné par la confusion qui est faite entre l’objet jeu de rôle et sa destination. Si on peut s’en servir à dessein comme média (pas de masse :) ), le côté ludique n’est alors qu’un moyen (ben, un média, tiens !), à l’instar des jeux sérieux. En revanche, si le dessein est purement ludique, ce n’est qu’un jeu. Et je ne suis pas convaincu qu’on aborde un jeu-loisir de la même manière qu’un jeu sérieux. Encore une histoire de contrat social, je présume.

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