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Couverture Casus Belli 19
Voici un numéro de Casus qui m’aura plus marqué par ses créations ludiques que par ses actualités. La période n’est sans doute pas très faste de ce côté. Je passe comme d’hab’ sur les scénarios pour entrer dans le vif de mon sujet du jour, à commencer par les Chroniques Galactiques, qui continuent de dégager une atmosphère propre très attirante, malgré un scénario que j’ai trouvé plus plat que les précédents. À remarquer quelques notes de conception fort intéressantes parues en ligne.

J’attendais aussi Magistrats & Manigances, un jeu de rôle permettant de vivre des aventures similaires à celles du juge Ti et consors. Chaque scénario vise à dénouer les fils d’une enquête et à amener, in fine, le coupable à avouer. Pour cela, les joueurs endossent alternativement le rôle du magistrat (collectivement — c’est une espèce de métapersonnage, à l’instar des alliances d’Ars Magica, mais incarné) et de ses assistants, qui eux sont des personnages plus classiques. La partie sur le contexte du jeu est captivante. En revanche, les règles ont de quoi étouffer toute une communauté de bouddhistes. Les procédures, jauges, actions, traits, rites et conditions (je crains d’en oublier !) s’accumulent au fil d’un long texte énumératif qui me fait sérieusement douter de ma capacité à expliquer clairement toute la formalisation de l’enquête à mes joueurs et à la maîtriser en partie.

Quelques détails me semblent aussi relever du mauvais game design, comme la jauge d’aveux des suspects, qui s’allonge en fonction de leur endurcissement et est doublée d’immunités à certaines actions du magistrat pour les faire craquer. Jusqu’ici, tout va bien, sauf que les deux sont corrélés plutôt qu’orthogonaux : plus on est endurci, plus on a d’immunités, ce qui élimine les profils de criminels « débutants » mais intelligents ou retors. Du coup, un seul indicateur suffirait. En résumé, tout ça est un peu trop codifié pour moi et me laisse dubitatif. On verra si ça devient plus clair dans les numéros suivants. Peut-être qu’à la lecture des scénarios ?

Bon, trêve de bavardage. Voyons la fin du numéro. Le dispensaire du Bâtisses & Artifices est du classique, bien ficelé. Une mage d’Hermès est ensuite présentée à la façon de Magi of Hermes. Si vous suivez le lien, vous comprendrez combien ça me passionne. L’article destiné aux joueurs intitulé « Concéder » est sympa, mais déjà lu sur le net. Le suivant, pour les MJ dont les joueurs annulent au dernier moment, est sans intérêt aucun à part, éventuellement, les anecdotes de la fin. La rubrique archéologie sur Raoûl n’est pas ma tasse de thé non plus, mais pourquoi pas. Le dernier truc notable est l’article sur le roleplay, plutôt très bien vu, mais un peu court. Pas étonnant d’ailleurs, il est est en deux parties. J’aurais bien aimé la seconde de suite. Ah oui, pour une fois, j’ai rigolé en lisant le Club Casus, qui se moque gentiment du foulancement tel qu’il est pratiqué par certains éditeurs, dont la maison mère de Casus.

Couverture Casus Belli 18
Et en avant pour un nouveau numéro de Casus. Je passe vite sur le début du magazine et les actualités (R.A.S.), de même que sur les critiques, nombreuses, diversifiées et complémentaires de celles de JdR Mag (le bonheur), avec un petit bravo pour la promptitude à chroniquer Mener des parties de jeu de rôle, même si j’en aurait voulu (encore) plus vu la taille de la bête. Je passe comme d’habitude les scénarios.

Deuxième focus sur Chroniques galactiques, que je continue à bien aimer, pas tant pour ses règles, bien que celles sur les E.T. et les pouvoirs psis m’aient bien plu (surtout la référence à Ténébreuse), que pour le contexte qui se déploie petit à petit, bien servi par le scénario de ce bimestre. Deuxième jeu dans la foulée, narrativiste celui-là, et complet : « Récit véridique » (je l’aurais bien sous-titré « Six Québécois dans un canoë » mais ç’aurait sans doute été anachronique). Ça ressemble à une murder party autour d’une table, sans MJ, avec des scènes façon Montségur 1244. Et un peu comme dans Montségur 1244, je ne trouve pas les explications limpides. Un peu moins de blabla défensif du genre « si le thème ne vous plaît pas, laissez tomber » (sans blague ?) et plus d’exemples n’auraient pas fait de mal.

Le Bâtisses & artifices est consacré à une mission archéologique. Très sympa, dans une ambiance agathachristienne. Du reste des aides de jeu, grandement consacré aux donj’ et qui ne ma guère passionné, j’ai retenu l’article sur les conflits entre joueurs, qui abuse d’une métaphore et de banalités sur le contrat social, mais présente un fond intéressant même quand on est pas un aficionado du PvP comme moi (il y a divers degrés et des conseils pratiques). Pour rester dans la même veine, la rétro sur Ambre en fait des tonnes sur le jeu sans dé, alors que ce qui m’a toujours déplu dans ce jeu est la compétition entre joueurs. Yes, we can… cooperate!

La fin du mag est consacrée à un article sur « devenir un professionnel du JdR » d’un grand pragmatisme, à un sondage qui a le mérite d’exister mais ne nous apprend pas grand chose de neuf sur le hobby, à une interview du député rôliste (toujours joueur assidu et auteur, même si je ne suis pas sûr que je doive mentionner le nom de son jeu vu qu’il utilise un pseudo) et à une analyse de l’inévitable duo David/Larré dont la thèse est que le JdR n’est pas qu’un jeu, mais un média comme un autre. Si ce dernier article contient indéniablement des réflexions intéressantes sur les thèmes éventuellement difficiles que l’on peut introduire en JdR, je suis un peu gêné par la confusion qui est faite entre l’objet jeu de rôle et sa destination. Si on peut s’en servir à dessein comme média (pas de masse :)), le côté ludique n’est alors qu’un moyen (ben, un média, tiens !), à l’instar des jeux sérieux. En revanche, si le dessein est purement ludique, ce n’est qu’un jeu. Et je ne suis pas convaincu qu’on aborde un jeu-loisir de la même manière qu’un jeu sérieux. Encore une histoire de contrat social, je présume.

Couverture Casus Belli 17
Casus revient ce bimestre avec une drôle d’annonce : un nouveau site fusionné avec celui de BBE, son éditeur, qui va faire plein de choses, de l’info à la VP, en passant par la diffusion (en partenariat avec Millenium) et le foulancement (mais pas le café, c’est moche). J’avoue que je trouve la stratégie peu lisible et, si je m’en tiens à ma zone de confort, du point de vue web design, un site devrait avoir une finalité claire et non plusieurs. Par exemple, pensez à la SNCF, qui a séparé son site institutionnel d’avec les réservations de billets il y a quelques années. Mais je vous laisse juges.

À part ça, l’actualité et les critiques sont très fournies et j’enrage d’y voir chroniqué Arles, le supplément 100 % français pour Ars Magica, que j’ai contribué à financer il y a bientôt deux ans mais pas encore reçu (grmbl, on ne m’y reprendra plus). Mais je m’emporte, ce n’est pas la faute de Casus. Six scénarios sont également au menu, dont un CO fantasy à l’ambiance bien sympathique.

Du côté des aides de jeu, je suis agréablement surpris par Chroniques Galactiques, le dérivé SF de CO, même s’il n’y a pas encore d’ET. Je suis même un peu frustré de ne pas en avoir eu plus, notamment au niveau de l’univers, dont l’ambiance transparaît toutefois bien dans le scénario d’introduction. Le Bâtisses & Artifices consacré à une guilde d’assassins avec ce qu’il faut d’exotisme fleure bon l’âge d’or du magazine. En revanche, je suis un peu déçu par la séquence « PJ » et « MJ », qui s’essouffle un peu, au point qu’on y retrouve les éléments du blog Je ne suis pas MJ mais… Ça me fait penser à un autre article de JdR Mag dont le titre m’échappe. Il ne faudrait pas que ça devienne une mauvaise habitude des magazines de JdR, ça. Je préférerais un simple référencement des bons blogs.

Ce n’est pas encore fini ! Un peu d’archéorôlie avec Prédateurs, un proto-Vampire français qui n’a pas trouvé son public, en partie à juste titre, semble-t-il. Un papier sur la façon dont Star Wars, le JdR, a contribué à l’univers étendu de Star Wars, la petite entreprise, lequel a été jeté aux orties par Disney. Dommage, les romans de Timothy Zahn auraient eu de la gueule en épisodes 7-9. Une ch’tite interview de Johan Scipion, « l’artisan du JdR » qui n’en veut (et qui, avec Sombre, force le respect). Et un dernier article de fond par Larré et David (ils sont partout !)… qui mériterait d’être développé sur trois ou quatre numéros, les choses sérieuses n’arrivant qu’en conclusion. Passons sur les idées cadeaux, d’autant plus incongrues que ce n’est plus l’époque. (?)

Voilà, c’est tout pour ce soir.

Couverture CB16
Quoi de neuf sur la planète rôliste, si ce n’est deux mentions de ma pomme dans ce numéro de CB duquel, par conséquent, je ne pourrai pas dire de mal sous peine de risquer de ne plus avoir ma dose de chevilles qui débordent des chaussettes ? Passées les nouvelles habituelles (moitié-moitié de françaises et d’étrangères), on commence avec une assez longue interview de M. Phal, patron du site Tric Trac et rôliste coincé au siècle dernier (exprès, on dirait, ce qui n’est pas si grave, finalement), mais néanmoins sympathique, ainsi qu’un compte-rendu de la GenCon, moins roboratif que celui de l’année dernière (et du coup plus digeste).

Suivent les habituelles critiques, avec pas mal de choses intéressantes, notamment à propos de Firefly et Stella Nova, qui était passé sous mon radar. Des scénarios, je n’ai retenu que la mini-aventure Chroniques oubliées, qui remplit toujours son office (le scénario Polaris m’ayant à mon grand dam endormi assez vite). Du côté des aides de jeu, je note surtout Sangrepierre, une cité med-fan au doux parfum de Laelith (mais n’est-ce pas un peu grand pour une bâtisse ? Apparemment, la réflexion est en cours au sein de la rédaction), l’article sur l’animation de donjon étant trop old school même pour moi, qui ai comme de bien entendu adoré le retour archéorôliste sur Avant Charlemagne.

La partie magazine (du magazine ?) fait la part belle à un entretien avec Maxime Chattam, rôliste militant mais qui ne te fera pas tout sous les fesses, retourne vite faire découvrir le JdR à ta petite sœur ! J’ai trouvé le dossier sur les collectors, même s’il m’a parlé, un peu long, et la réflexion sur les genres en JdR (genres comme dans film de genre, pas comme dans théories des genres, même si ça pourrait aussi être intéressant) un peu courte (chef de Casus, donne-leur plus de signes siouplé !).

Plutôt un bon cru, donc (j’avais prévenu que je ferais de la lèche). À dans deux mois…

Couv Casus 15
Ce numéro de Casus d’avant (PDF) – après (papier) été nous livre comme d’habitude sont lot de nouvelles, dont un retour sur la journée d’études « Les quarante ans du jeu de rôle » organisée à Paris 13 qui me donne l’occasion de tirer un coup de chapeau aux collègues qui l’ont organisée. Côté scénarios, j’ai largement zappé (un bon point pour le nouveau mini-scénar Chroniques Oubliées, tout de même), aussi je vais me concentrer sur la dernière partie de D3, qui offre une enquête touffue qui donne envie, mais méritera une petite carte heuristique pour démêler les liens entre les PNJ. J’ai aussi bien aimé les aides de jeu, notamment Port Dragon qui revisite un peu les canons du med-fan. Le retour archéorôliste sur Trauma ne m’a pas fait regretter mon non-achat de l’époque, mais la rubrique demeure toujours intéressante. Idem pour le topo sur les tables virtuelles, même si je ne suis pas pratiquant. À tort ou à raison, j’ai zappé la BD Pathfinder, et à dessein le club des machins-choses pas drôles. Je suis conscient que je suis un peu fainéant dans cette critique, mais bon, hein, c’est encore l’été, non ?

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