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Couverture Chants de Loss Livre 3
Après le Monde de Loss et les Lois de Loss, bouclons la trilogie de base des Chants avec les mal nommés Secrets, qui ne contiennent qu’une petite trentaine de pages de véritables secrets sur les 111 pages de l’ouvrage (qui est donc substantiellement plus fin que les deux précédents). Mais ce n’est en aucun cas grave (je veux dire par là, ni la proportion de secrets, ni la taille du bouquin).

La première partie est consacrée aux PNJ au sens large, statblocks compris : une troussée de sbires génériques, tous les animaux emblématiques de Loss (chacun étant illustré, ce coup-ci) et cinq personnages de légende loin d’être tous inaccessibles. Bref, de quoi commencer à faire vivre Loss dans ses propres scénarios.

La seconde partie est celle des secrets proprement dits. Je ne vais pas divulgâcher, bien sûr, mais juste dire que si je m’attendais à un truc du genre, les secrets ont dépassé mes attentes. Par ailleurs, nous (MJ) sommes prévenu·es que la lecture de ce chapitre peut aussi gâcher celle des romans. J’ai choisi de passer outre sans avoir a posteriori de regret.

La troisième partie est constituée de conseils aux MJ un peu en vrac. Mais les astuces de base assez vite évacuées, on y trouve des choses très intéressantes, notamment au vu des thèmes adultes abordés dans les Chants, comme le contrat social et la carte X. Il y a aussi des conseils scénaristiques (types de scénarios, fusil de Tchekhov, McGuffin…), d’ambiance (inspis, musique…) et de réflexion sur les thèmes du jeu et la constitution d’un groupe de PJ. Globalement, c’est clair, pratique, utile.

La dernière partie s’intitule bizarrement « Annexes de jeu ». Il s’agit en fait d’un cadre de jeu, la ville d’Elsa, située non loin d’Armanth, mais suffisamment pour en être indépendante et suffisamment petite pour être facilement prise en main par un·e MJ débutant·e. À cela s’ajoutent trois scénarios, pas moins ! Le premier démarre laborieusement (il faut que les persos sentent que Loss est un monde injuste, mais c’est très artificiel et vraisemblablement frustrant pour pas grand chose). Heureusement, la suite en mode enquête-action est plus qu’honnête. Les deux scénarios suivants sont bons également, mais sont aussi des enquêtes. Du coup, jouer les trois à la suite risque de laisser un goût de répétition aux joueur·ses. Un peu de variété aurait été bienvenue. Mais les scénarios peuvent être recyclés ailleurs/plus tard.

Au final, j’ai retrouvé le plaisir de lire Loss comme dans le Livre 1. J’aurais bien aimé voir inclus dans ce volume des éléments prévus dans des suppléments (notamment les artefacts anciens), mais sans doute qu’une partie trop technique aurait été incongrue ici. Je vais devoir faire une petite pause sur Loss maintenant, pour préparer une partie de Pax Elfica, mais ne doutez pas que je vais y revenir !

Couverture Chants de Loss Livre 2
Après le Monde de Loss, attaquons-nous aux règles. Bon, je vais commencer par faire mon pisse-vinaigre : la lecture de ce Livre 2 m’a moins fait kiffer que celle du Livre 1. Sans doute un peu parce que j’ai dû l’interrompre pour évaluer des mémoires de master, mais pas que. Je m’explique.

1. Ça s’empile. Et ça commence de suite avec la création de perso en 11 étapes. Jetez un œil à la feuille de perso, il y a plein de petites cases à remplir. Vous me direz, j’étais prévenu à l’avance et l’argument sur les étapes de création est spécieux. Points taken. Mais le système tourne sur trois niveaux de stats : vertus, traits et talents (et leurs spécialisations !). C’est au moins un de trop, deux à mon goût. Ajoutez-y des archétypes, des motivations, des avantages et défauts, des liens entre persos (j’en oublie sans doute), et ça devient touffu. Ce sont des outils utiles (encore que ça fasse un moment que je suis revenu des avantages/défauts en nombre), mais fallait-y tout y mettre, comme on dit chez nous ? Pour finir, on a aussi deux systèmes d’expérience parallèles : un pour les archétypes, un pour les traits et talents, sans parler de petites exceptions.

2. C’est mal organisé. Là, vous me trouvez sans doute gonflé. En fait, quand on aborde les règles proprement dites, on tombe sur cette phrase, qui est développée ensuite.

Pour faire simple il faut commencer par être complet.

En un mot comme en cent, je ne saurais être plus en désaccord. Si l’on vise la complétude (ce qui est un positionnement tout à fait légitime), il faut être progressif. En l’occurrence, au lieu de présenter avec le système toutes les actions possibles, avec leurs variantes et parfois des tableaux spécifiques (cette partie du bouquin était particulièrement étouffe-Jemmaï), introduire en premier lieu le cœur du moteur de résolution, puis dans un second temps les trucs plus spécifiques, chamanisme et chant de Loss compris (en gros, les machins mystiques), qui sont bizarrement dans le chapitre création de perso, m’aurait paru plus adéquat (comme Sheila — comme je n’ai pas fini de dire du mal, je relâche un peu de pression, mes excuses aux familles, surtout pour cette phrase à rallonge).

3. L’éditeur était en vacances. Bon, là, j’exagère. Le bouquin reste tout à fait lisible, mais j’ai trouvé qu’il y avait substantiellement plus de problèmes typographiques que dans le livre 1, dont « LE SYSTPME DE JEU » en entête de chapitre, un autre qui était rigolo mais que je n’arrive plus à retrouver et des X majuscules en lieu et place du signe de multiplication. Ça, c’était sur la forme. Sur le fond, il y aussi quelques problèmes, notamment des termes utilisés bien avant leur définition (par exemple fursa, qui m’a longtemps fait penser au sketch des Nuls « Monsieur de Fursac, votre braguette est ouverte. »), voire pas du tout (XP, sauf erreur de ma part — autant pour les débutant·es), ou l’utilisation alternative d’unités de mesure IRL (kilomètres) et in game (milles). ‘reusement, c’est à peu près pareil. Il y a aussi de chouettes tableaux de modificateurs de distance parcourue à pied, à cheval ou en voiture en fonction du climat et du chargement… Mais on n’a pas la distance de base. De toute façon, c’est plus classe de voyager en navire lévitant, au moins, là, on a les distances parcourues par jour. 🙂 Ah, et la jauge de détresse (que j’aurais pu ajouter aussi à la rubrique « ça s’empile ») qui fonctionne sur le principe « plus tu as de détresse, moins tu es en détresse ». Gné ?! 🙂

Après toutes les horreurs que je viens d’écrire, vous avez peut-être envie de laisser tomber les Chants de Loss. Pourtant, j’aurais plutôt envie de vous dire de vous accrocher. En tout cas, c’est ce que je vais faire. Parce que malgré toutes les fioritures et les petites maladresses (les exploits qui ne fonctionnent pas tout à fait pareil en combat que pour les autres actions, mais je vais arrêter là, je suis dans la partie positive, crénom !), le cœur du système est réellement simple et me semble facile à prendre en main. Du classique, deux stats à ajouter contre une difficulté (pratiquement toujours la même, avec quelques incréments faciles à se rappeler si nécessaire) et un système d’exploits simple et ludique (un peu plus velu en combat, certes). Le système me semble également suffisamment modulaire pour tailler dans le gras si ça vous chante. Enfin, j’ai aussi bien aimé le côté freeform, mais balisé, des talents mystiques, et beaucoup apprécié le souci d’intégration de l’univers de Loss dans les règles.

Bref, comptez-sur moi pour vous raconter les Secrets de Loss (le Livre 3) prochainement.

Couverture Chants de Loss Livre 1
Ça fait un bail que je ne vous ai pas causé des Chants de Loss et pour cause, le résultat du foulancement ne m’est parvenu qu’assez récemment. Je me suis d’ailleurs encore embrouillé à prendre des trucs en option qui étaient prévus dans le lot d’origine. M’enfin, des dés, ça sert toujours, même si je ne les trouve pas fifous. Reste un seul livret en doublon. Je hais ces paliers évolutifs !

Mais revenons à mon premier contact avec l’édition collector des Chants : « Ouah, c’est lourd ! », que j’ai dit à mon facteur quand il m’a passé le colis par-dessus le portail. Vous pouvez en juger par la photo du bas (qui n’est pas de moi, je ne collectionne pas les crânes humains, m’enfin).

Le cœur du jeu tient en trois tomes à couverture rigide, papier glacé, tout en couleur et dotés de très belles mise en page et illustrations (on pouvait s’en douter), sertis dans un coffret sur mesure. Vous allez me dire : ça doit être la chiotte à démouler. Eh bien non ! Grâce à un système de ruban, vous sortez vos bouquins sans effort. On retrouve le même genre de ruban en plus fin dans chaque bouquin pour marquer les pages. Grand luxe.

Autant vous le dire tout de suite, vu la masse de matos à lire, je vais feuilletonner comme un goret. Commençons donc par le commencement : le Monde de Loss. Déjà, ce qui frappe sur la couverture, ce sont les noms des autrices. Trois autrices. De jeu de rôle. Ça fait plaisir !

Ce premier tome débute par quelques propos liminaires : note d’intention, ce que sont les Chants de Loss, le JdR (j’y ai reconnu une définition corédigée sur le forum de la FFJdR ; un petit clin d’œil aurait été sympa) et le Da Vinci-punk. J’ai enfin compris, c’est la Renaissance avec les inventions de Vinci et consorts qui marchent en vrai (bateaux lévitants inclus), propulsées par une source d’énergie propre à la planète Loss : le loss-métal.

On entre ensuite dans le vif du sujet et tout y passe, je crois. Dans une première partie, on trouve : le monde, les Lossyans et leurs coutumes (dont les Vertus : Honneur, Courage, Sagesse et Foi, qui sont très importantes dans le jeu), la science, les animaux (natifs, aliens, gros, dangereux et difficiles à se représenter par manque d’illustrations, mais vous en trouverez en ligne ; et d’autres importés de la Terre, comme les habitant·es de Loss, d’ailleurs), histoire…

Chaque sujet est abordé assez succinctement (quelques paragraphes), mais sans laisser le lecteur sur sa faim, ce qui donne une impression de dynamisme et rend la lecture agréable. J’ai aussi apprécié la prise de recul entre ce que le lecteur sait (Loss qui orbite autour d’une géante gazeuse ou la radioactivité du loss-métal, par exemple) et ce que les habitant·es de Loss croient (une lune et un truc plutôt magique, respectivement).

La seconde partie revient en détail sur les peuples et les civilisations de Loss. On attaque par les peuples, au nombre de 15 et explicitement importés de la Terre, mais avec un petit décalage lié à leur nouvel environnement (et quelques métissages) qui rend chacun un peu plus exotique. Et les illustrations de chaque peuple sont très évocatrices.

Suivent les régions (au nombre de 15 aussi, à une vache près) où tout ce beau monde habite. Je suppose que ce découpage a pour but de rendre ces deux gros morceaux plus digestes, mais j’aurais préféré avoir peuples et géographie en même temps car il y a des petits recouvrements. Et puis une fois qu’on s’est « tapé » les 15 peuples, repartir pour les 15 régions devient vraiment répétitif. Cela dit, je mets des guillemets à « tapé » parce que, même si c’est beaucoup, la quantité de texte de chaque sous-partie est toujours bien dosée. Ni trop, ni trop peu. Une bonne idée aussi, c’est d’avoir collé la carte du monde entre les deux chapitres peuples et régions. Indispensable pour s’y retrouver !

On enchaîne sur les organisations « supranationales », si j’ose dire, en quelques pages chacune : l’Église du Concile Divin (qui est la religion ultra-dominante à tendance autoritaire), la Guilde des Marchands (progressiste et en concurrence politique et culturelle avec l’Église), les Cours des Ombres (criminels) et les Femmes d’épée (qui ont pris leur destin entre leurs mains dans cette société en majorité ultra-patriarcale).

Suit la technologie lossyane : matériaux, merveilles Da Vinci-punk et médecine (encore une fois, pourquoi scinder cette thématique en deux endroits du bouquin ?) ; et enfin les parias : Chanteurs de Loss (magiciens honnis pour la population, mais il y a une explication physique à leurs pouvoirs), chamans (tenants d’une ancienne religion) et Terriens égarés. J’imagine qu’on en saura plus dans le Livre 3 (les secrets).

Que conclure à ce stade ? On a pour l’instant un magnifique bouquin, un contexte à la fois original et accessible qui constitue un sacré bac à sable. J’espère que des angles d’attaque plus clairs apparaîtront par la suite, mais j’ai encore pas mal de lecture à venir !

À bientôt pour le Livre 2 : les Lois de Loss (a priori, les règles), donc.

Chants de Loss version Collector

Couverture Chants de Loss Livre 2
Vu que j’ai déjà causé du roman Les Chants de Loss en même temps que du JdR, autant continuer avec ce livre 2, à peu près deux fois plus volumineux que le livre 1 (J.K. Rowlings, sors de ce corps !). L’histoire continue sur le même rythme, pas trépident, mais avec des scènes d’action tout de même. Le plus agréable de mon point de vue est la profondeur que prennent les personnages, notamment les deux héroïnes terriennes qui s’émancipent enfin, et le complot maousse dont on commence à deviner la teneur. Réflexion de rôliste au passage : les personnages principaux sont tout de même de sacrés Gros Bill ! 😉

Comme il faut bien ronchonner un peu, j’avais déjà signalé la dernière fois des petits soucis de relecture. Au début du livre 2, j’ai trouvé que c’était plutôt mieux, mais ça s’est singulièrement dégradé dans la deuxième partie du bouquin (à une vache près), avec des erreurs vraiment gênantes comme une ou deux phrases visiblement incomplètes, des mots à la place d’autres (dénier au lieu de daigner, mammalien — l’adjectif — au lieu de mammifère — le nom), sans parler des fautes d’accord et de concordance des temps. Cela a fait écho avec un récent billet de blog d’un autre auteur à ce sujet. Les éditions Stellamaris devraient embaucher un Julien Bétan. D’urgence.

PS : Pendant ce temps, le JdR a l’air d’avancer à vitesse grand V. 🙂

Couverture Kit d'initiation Chants de Loss
Les Chants de Loss, c’est une série de romans (dont seul le premier est sorti pour l’instant) et un jeu de rôle dont le premier livre publié est un kit d’initiation, qui traînait depuis un moment sur un coin de disque dur. Du coup, prenant le taureau par les cornes, j’ai profité d’une visite à Octogônes pour me procurer le roman et le kit d’initiation « en dur », assortis d’une chouette dédicace chacun.

Commençons par le roman, car il m’a semblé être le meilleur moyen d’entrer dans l’univers de Psychée, son auteure. J’en ressort avec un peu de frustration, car il pose principalement les personnages et une amorce d’intrigue sans y entrer de plein pied. Il faut dire que c’est le premier tome sur neuf, ce qui explique sans doute cela. Pour autant, il dévoile aussi un monde original, ainsi qu’un traitement féminin de la (science) fantasy, un peu à la Marion Zimmer Bradley, qui n’est pas pour me déplaire. Pour finir de chipoter, les éditions Stellamaris ont aussi de la marge de progression en matière de relecture. Pas que ce soit catastrophique, hein, juste perfectible.

Côté JdR, le kit de découverte fait une petite quarantaine de pages. Après une présentation du projet global, une quinzaine de pages est consacrée à un survol express de Loss, ses peuples (sacrément nombreux) et leur culture. Côté système (moins d’une dizaine de pages), c’est du classique, caractéristique + compétence contre une difficulté, mais on peut troquer une difficulté supérieure contre un exploit et, lors d’une opposition, il y a un jeu d’enchères d’exploits entre les protagonistes. Vient enfin un scénario de 10 pages, prétirés compris, très ouvert et nécessitant à mon avis une bonne maîtrise du contexte par le ou la MJ. Enfin est présentée une carte de Loss à laquelle le noir et blanc ne rend pas justice (version couleur).

Mon petit souci avec ce kit de découverte, c’est qu’il n’est pas totalement autosuffisant, truffé qu’il est de références tant au niveau du contexte que des règles. Le bon côté de l’affaire, c’est que tout ce qui est nécessaire pour jouer est dispo gratuitement sur le site des Chants de Loss. Évidemment, le moins bon côté, c’est qu’il faut prévoir de bouquiner plus que les 40 pages du kit.

Au final, j’attends avec un brin d’impatience la suite du roman… et du JdR, même s’il est déjà sur un coin de disque dur, lui aussi. Tout ça pour voir si ce beau potentiel se concrétise.

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