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Couverture Sovok
Après avoir chroniqué le JdR Sovok et annoncé à l’époque la sortie du roman, voici un petit retour sur ce dernier, apparemment sorti avec un peu de retard sur les prévisions.

On retrouve bien évidemment dans le livre le contexte et l’ambiance développés dans le JdR, mais pas les personnages des nouvelles inclues dans le jeu. Comme tout le roman tourne autour d’une équipe d’urgentistes, de trop nombreux protagonistes principaux façon groupe-type de JdR auraient sans doute empêché de correctement approfondir leurs caractères et leurs relations, qui donnent, en plus de la toile de fond pittoresque, tout le sel à ce roman. L’intrigue qui sert de fil rouge est effet assez ténue et, comme certains éléments, certes dispensables, du contexte (ce qui a amené à la ruine de la Russie, notamment), présente des zones de flou. Et sans dévoiler la fin, que j’ai personnellement trouvée trop précoce et un peu en queue de poisson, on peut dire qu’elle est très russe.

J’en viens à l’inévitable comparaison avec Wastburg, le précédent roman de Cédric Ferrand. On y retrouve le même genre de structure, avec des tranches de vie qui se superposent à une intrigue qui dépasse de loin les personnages principaux, un délicieux humour noir et bien sûr la chronique de membres d’une corporation (gardoches dans Wastburg et urgentistes dans Sovok).

En conclusion, j’ai beaucoup aimé ! Et pour finir sur une note pédante (et ne vous plaignez pas, j’avais envisagé de faire toute ma critique en russe avant de renoncer par flemme), on ne peut pas manger un pirojki. Un pirojok, éventuellement, si on a peu d’appétit. 🙂

Sovok, le roman

Sovok (prononcer savok) est, dans l’actualité, un roman à paraître chez les Moutons électriques, mais qui a connu une précédente incarnation en 2005 sous la forme d’un jeu de rôle (NB : c’est la couverture du roman qui est affichée sur cette page). En résumé, les personnages y incarnent des urgentistes dans une Russie de 2025 à la traine de l’Europe et des USA, en pleine faillite, sans gouvernement, en proie au chômage et à l’insécurité, où la débrouille légendaire développée durant l’époque soviétique (d’où le titre) permet tout juste de survivre.

Un quart de l’ouvrage (PDF) est consacré à ce contexte, et fait assez bien ressortir la mentalité russe. C’est forcément un peu caricatural en 25 pages, mais l’ambiance me semble tout à fait bien rendue, et puis le JdR se nourrit d’archétypes, donc ça passe nickel. Suit un petit chapitre sur le boulot d’urgentiste, notamment en 2025 et à Moscou. D’ailleurs, comme c’est un job dangereux, ne croyez pas que les urgentistes de Sovok ne soient que des médecins : pilotes, soldats, psys (non, pas ceux avec des pouvoirs), mécanos, aumôniers, cameramen… Une variété bienvenue. Le chapitre suivant est consacré à la création de personnages, selon le système EWS dont, j’avoue, j’ai pas mal oublié la teneur depuis nos parties d’Arkeos. Mais comme Sovok ne l’inclut pas, passons.

Le dernier tiers de l’ouvrage est une campagne se déroulant sur une semaine, et donc à un rythme plutôt endiablé d’un scénario par jour, au gré des missions d’urgence (où il faut faire la nique à la compagnie d’ambulances américaine concurrente, mieux équipée et ripoue jusqu’à l’os) ou des services chelous à rendre au patron, jusqu’à une apothéose où le futur de la Russie lui-même est en jeu (ou son passé, faut voir…). Les plus de cette mini-campagne sont justement ce rythme et la liberté de résolution des situations qui se présentent. Paradoxalement, ce sont aussi ses défauts car il est assez difficile pour les PJ de sortir du carcan de leurs missions, qui tombent sans qu’ils aient le choix de s’y soustraire et peut leur donner l’impression de linéarité. Côté MJ, il faut sans doute improviser furieusement si les joueurs font des choix à rebrousse-poil du déroulement « normal » de l’histoire, ce qui doit immanquablement se produire.

En conclusion, je ne suis pas certain de pouvoir faire jouer à Sovok car il n’est pas évident de trouver des joueurs motivés par la thématique, mais la lecture valait définitivement le détour.

Большое спасибо господину Ферранду.

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