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L’écran de Venzia, comme vous pouvez en juger ci-dessous, est fort joli côté joueurs (cela tranche toutefois avec la couverture flamboyante du livre de base, que je préfère à cette version foggy), pratique et lisible côté MJ. Il est accompagné d’un « Dossier Maîîîîître de jeu » (pardon, je ne peux pas m’empêcher de me moquer) d’une cinquantaine de pages, aussi joliment présenté que le livre de base, mais en noir et blanc.

Ce livret dévoile en premier lieu toute l’histoire et les secrets de Reggia, le monde de Venzia. Tout ou presque, puisque l’on s’attend à de nouvelles révélations au fil de la campagne ! Suivent quelques courtes aides de jeu. La première, un peu incongrue, traite des pratiques funéraires (un auteur fan de 6′ under, sans doute). Suivent quelques amorces de scénarios et une liste de contacts repris du livre de base, mais avec les caractéristiques des PNJ en question, ce qui me semble bien inutile. Et apparemment des niveaux de contact notés R1, R2, R3 dont je n’ai pas trouvé trace dans les règles. Quand je vous disais qu’il avait sans doute fallu raccourcir le texte du livre de base… Vient enfin le deuxième scénario de la campagne, qui me semble plus intéressant que le premier, avec un peu d’enquête, un peu d’action et un ou deux PNJ dignes de ce nom. La fin risque toutefois de laisser une fois de plus les personnages et leurs joueurs très perplexes.

Re-à suivre, donc.

Ecran Venzia

Couverture Venzia
Venzia est un jeu de rôle sis dans la cité éponyme, inspirée de la Venise de notre monde, bien sûr, d’un soupçon de Laelith, mais aussi dotée de sa personnalité propre, le tout dans un univers steampunk-Renaissance dit Da Vinci-punk. Le livre, au format XII Singes (il paraît que c’est connu), est magnifique : tout en couleur, papier glacé, illustrations à la hauteur de celle de la couverture, mise en page agréable. C’est un sans-faute.

Glissons vers le contenu, subdivisé en trois parties dédiées à l’univers, les règles et les aventures, respectivement. J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’univers, qui pourtant me séduisait a priori (ce n’est pas pour rien que j’ai souscrit au foulancement), trouvant les premiers éléments un peu disparates et par endroits mal relus (les colombages sont dangereux car ils prennent l’humidité, donc on les remplace… par des colombages). Toutefois, le monde de Venzia prend forme petit à petit et offre au final un visage séduisant, même si je suis curieux de continuer ma lecture avec le dossier du MJ.

Côté règles, c’est du système d6 plutôt épuré. Ce n’est pas le plus moderne des systèmes, mais ça me convient bien (j’additionne plus vite que je ne compte des foutues réussites), ça convient aussi au genre héroïque et ça tourne d’autant mieux que les 1 obtenus au dé spécial ne font pas systématiquement foirer les jets.

La section consacrée aux aventures distille un peu plus de contexte exclusivement réservé au MJ, quelques conseils et un scénario d’introduction très décevant (cent coudées en-dessous de celui paru dans JdR Mag 32). Une accroche pire qu’éculée, pour ainsi dire pas d’intrigue, aucun PNJ marquant et un risque élevé que les joueurs ne pigent rien et que le tout foire dans les grandes largeurs. Bref, une découverte des armures hippogriffes (ah oui, les personnages sont des agents d’élite du doge dotés d’armures technologiquement avancées qui les rendent plus costauds que le commun des mortels) qui sonne comme une occasion gâchée.

En conclusion, Venzia est un jeu attachant, mais qui souffre à mon avis d’une contrainte de forme. On sent que le contexte en a encore sous la pédale, mais que tout ne tenait pas dans le livre de base. On imagine bien une campagne qui dépote, mais on ne peut pas dire que le court scénario fourni donne envie. Les archétypes de personnages ne sont pas bien nombreux non plus, mais assez équilibrés en genre, tiens, ça change un peu (à part la courtisane, qui bizarrement, est au féminin alors que tous les autres archétypes, même illustrés par une femme, sont écrits au masculin, mais cessons-là la digression). Ça et quelques contradictions de détail (il y a une monnaie, mais peu usitée — on lui préfère un système de faveurs, sauf dans le scénario ; il y a très peu de papier à Venzia, mais néanmoins des savants et de nouveau une carte de visite et une lettre dans le scénario). Ce n’est pas bien grave et on peu s’asseoir sur ces détails de contexte quand on les trouve superflus (c’est mon cas), mais bon. Malgré cela, j’ai très envie de voir ce que la campagne à venir a dans le ventre et d’emmener mes complices habituels à Venzia. À suivre, donc.

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