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Ars Magica

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Pont d'Ariège

Arthus Myrdhin

"Je me nomme Arthus Myrdhin ex Tremere. Je suis né en l'an de grâce 1167, en terre de Bretagne, comme l'indique mon nom. Toutefois, j'ai quitté cette terre dès mon plus jeune âge, emporté loin de ces contrées par Erwann Myrdhin ex Bonisagus, mon père et premier parens.

Ce que je sais concernant ma naissance, je l'ai appris de la bouche même de mon père, lorsqu'il m'a confié à un autre parens car il craignait pour ma vie. Ainsi, je veux bien vous révéler ce qu'il m'a dit, en sachant bien que ces paroles soient celles de quelqu'un désormais mort, et dont il est impossible de vérifier les dires.

D'après mon père, ma mère était une de ses servantes, nommée Gwennyr. Mon père était, au temps de ma conception, plongé dans des travaux visant à mettre au point un nouveau sort de protection contre les Forces Infernales. Mais, au cours d'une expérience ratée, il se retrouva à la merci d'une de ces créatures. Ce démon se présenta comme Alfonsius, Puissant Maître des Sentiments. Mon père fut contraint de conclure un pacte avec cet être afin de sauver sa vie. C'est ainsi qu'il me conçut par magie sur ordre du démon, et, j'ai cru le comprendre à demis mots, de force. Le démon voulait que mon père fasse de moi son instrument, "le Serviteur du Démon, son instrument durable sur terre pour sa plus grande gloire". Mon père devint donc mon maître et tuteur, m'instruisant dans la voix tracée par Alfonsius, qui désirait que je sois à même de contrôler les hommes, dans leur corps et dans leur esprit.

Mon père quitta la Bretagne et s'installa dans en pays occitan. C'est Alfonsius qui tenait à l'éloigner de toutes les personnes susceptibles de comprendre qu'il était sous l'emprise du malin.

Je n'ai vu qu'une fois Alfonsius de mes propres yeux, car le plus souvent, il n'apparaissait qu'à mon père. Mais cette vision reste et restera à jamais gravée dans mon esprit. Alfonsius était un grand homme en pleine force de l'âge. Il était robuste et avait un visage fort avenant, ainsi que des gestes très précis et gracieux. Ses yeux surtout attiraient immédiatement l'attention. En effet, ses pupilles jaunes, une fois qu'elles avaient capté votre regard, ne le laissait plus échapper. Sa voix était sifflante et irritante. Mais de toute sa personne émanait une telle aura de puissance qu'il inspirait le respect voire la crainte.

Ainsi donc, mon père, tenu par les serments extorqués par le démon, continuait à m'instruire, tout en cherchant le moyen de se libérer de l'emprise du démon. Alors que j'avais dix ans et que je progressais dans la connaissance des secrets hermétiques, mon père, un soir, me prit à part et me confia, au comble de l'excitation, qu'il avait enfin trouvé le moyen de nous libérer de l'emprise du démon.

Mais mon père, tout occupé à contenir les exigences du malin et à rechercher notre libération, avait négligé de se protéger de ses frères mages. Il les ignorait même assez manifestement depuis de nombreuses années. C'est pourquoi il ne s'était pas inquiété des manigances des sombres Quæsitori à son égard. C'est pourquoi il fut si surpris d'apprendre qu'il était convoqué devant le tribunal qui devait se tenir le mois suivant, pour répondre de la très grave accusation de satanisme. Il eut le plus grand mal à se débarrasser des Quæsitori qui le surveillaient. Mais il réussit à leur fausser compagnie et à me confier à un Mage de Tremere à qui il révéla le moins possible de choses sur mon compte. Puis il attendit les circonstances favorables pour lancer le sort permettant notre libération. Mais il fut retrouvé par les Flambeau qui le recherchaient après sa condamnation (par contumace). Cependant, je reste persuadé que mon père réussit au moins à me libérer de l'emprise du démon, car plus jamais je ne fus persécuté par Alfonsius.

Mon nouveau maître se nommait Léonard Mistre ex Tremere. Il m'instruisit rudement, beaucoup plus durement que ne l'avait jamais fait mon père. Je souffris beaucoup à cause de lui mais je continuais à progresser dans la voie hermétique. Cependant, les Quæsitori (honni soit leur nom) finirent par retrouver ma trace et révélèrent à mon maître leur version stupide de mon propre passé. Mon maître, lâche qu'il était, abonda dans leur sens, leur expliquant qu'il pensait que le Malin m'avait doté de certains dons démoniaques, tels que mon Don de Velours ou les propriétés magiques de mon sang. Il promit alors de me "mater" mais de poursuivre mon apprentissage dans la vraie ligne de l'Ordre. La vie devint alors encore plus dure pour moi. C'est pourquoi je me mis à travailler avec un acharnement renouvelé, ignorant les sarcasmes, les brimades et les punitions de toutes sortes que mon maître faisait pleuvoir sur moi. Ainsi, j'espérais relever le plus rapidement possible le gant et me libérer de l'emprise de cette brute.

Enfin, après toutes ces années, je pus échapper à mon maître et me mettre en quête d'une alliance où on ne me jugerait pas sur mon passé mais sur mes aptitudes et ma sagesse, et où l'on pourrait m'accueillir. Mais, oui, je le clame bien haut: Je garde un profond ressentiment contre les Quæsitori et les Flambeau qui causèrent la mort de mon père. Et je maintiens que les règles de l'Ordre ont besoin d'être modifiées et adaptées à la réalité du monde actuel, car elles sont dépassées. Je sais grâce à mon père que l'on peut acquérir de nombreux secrets grâce aux démons, pourvu que l'on sache être prudent et que certaines précautions soient prises. De même, je pense que nous avons tort de nous couper des vulgaires comme nous le faisons. Car si Dieu nous a mis sur Terre, je ne pense pas que ce soit pour traiter avec mépris, ainsi que nous le faisons, nos frères qui n'ont pas reçu le Don à la naissance, mais pour les guider et les aider à construire un monde rendu meilleur par nos Dons et notre sagesse. De même, je suis persuadé que les vulgaires peuvent nous être bénéfiques, qu'ils peuvent nous apporter certaines choses (ne serait-ce qu'être libérés de toutes ces contraintes matérielles qui si souvent nous détournent de nos recherches ou les ralentissent).

Voilà, vous savez désormais tout de moi."

Arthus Myrdhin ex Tremere, interrogé par Meg Rhey ex Quæsitor.


"Oui, c'est exact, je suis bien Léonard Mistre et j'ai éduqué et formé le jeune Arthus. Un élève difficile, au caractère changeant et imprévisible. Un élève doué, certes. Très doué, même, je dois l'avouer. Mais il était si imbu de lui-même, si persuadé d'être supérieur à tout autre humain. J'ai dû avec lui être plus dur qu'avec tout autre élève, de façon à ce qu'il ne sombre pas dans la facilité qui lui était naturelle.

Il m'a été confié à l'âge de 10 par un mage qui n'a pas voulu sur le coup me révéler son nom. J'ai appris plus tard qu'il s'agissait de son père, et que peu de temps après m'avoir confié l'enfant, celui-ci, qui avait été convaincu de satanisme, fut exécuté de façon assez effroyable par des Flambeau. Détrompez-vous, je ne condamne pas le fait de se débarrasser d'une brebis galeuse sataniste au sein de notre Ordre. Toutefois, ils auraient pu accomplir leur tâche de façon rapide et moins douloureuse.

Cependant, je dois avouer que ces révélations m'ont beaucoup donné à réfléchir. En effet, d'où venaient les dons de cet enfant ? D'où venait le Virtus contenu dans son sang ? D'où venait son intérêt pour les sorts de manipulation du corps et de l'esprit, apanage des manipulations du Malin ? N'était-il pas une créature dévouée à l'ennemi, en fin de compte ? Je dois avouer que même à présent, je ne sais trop que penser. En réalité, je fus très soulagé quand il releva le gant et me quitta, car ainsi mes interrogations prenaient fin. Oui, je dois l'avouer, je ne lui ai pas compliqué les choses pour qu'il relève le gant. Je n'irai pas jusqu'à dire que je le lui ai donné sans combattre, non. Mais je n'ai pas insisté pour le retenir."

Léonard Mistre ex Tremere, interrogé par Meg Rhey ex Quæsitor.


"Myrdhin ? Non, ce nom ne me dit rien. Euh, oui, entendu, ne vous énervez pas ! Maintenant que vous me le dites, effectivement, je connais Arthus Myrdhin, c'est vrai. Comment je l'ai rencontré ? Je l'ai rencontré à Toulouse, il y a quelques années, à Toulouse. Il semblait bien perdu, ce jeune homme. En fait, il semblait complètement perdu, comme s'il n'avait jamais rien vu du monde ! Il m'a fait un peu pitié, et je l'ai invité à déjeuner. Je sais, c'est surprenant : faire des cadeaux n'est pas dans ma nature. Mais je venais juste de conclure une fructueuse affaire, et je me sentais d'humeur joyeuse et généreuse (brrr, je déteste ce mot là !). Et puis, même s'il semblait perdu, il y avait une aura de sagesse qui émanait de lui. Or à cette époque je cherchais un précepteur pour Aurélia. Aurélia ? C'est ma fille bien-aimée.

Donc, j'invitai maître Myrdhin à déjeuner, et il me fallut peu de temps pour me rendre compte que sa sagesse n'était pas feinte. Je lui proposai de l'engager pour s'occuper de ma fille, car il était incontestablement fort savant, connaissant le Latin et la philosophie. Mais il déclina mon offre, m'expliquant qu'il poursuivait une autre quête. C'est étrange, vous savez, mais j'inspire confiance aux gens et ils ont tendance à se confier à moi. Rapidement, il m'avoua qu'il cherchait des compagnons, des savants comme lui, installés dans quelque endroit de la région, mais sans savoir qui ni où. Bien étrange quête, mais je commençais à cerner le personnage, car au cours de mes nombreux voyages, j'avais déjà entendu parler de ce genre de personnes. Vous voyez ce que je veux dire ? Je vois dans vos yeux que vous comprenez.

Or, je savais que depuis peu de bien étranges personnes occupaient le Pont d'Ariège. Car je fais de fréquents voyages entre Ax-les-Thermes et Andorre, où j'ai des amis et collègues. Je proposais donc à maître Myrdhin de m'accompagner, puisqu'il ne savait pas trop où aller.

Sur le chemin, nous fûmes assaillis par une bande de brigands. Je reste persuadé que la déroute de nos agresseurs fut bien plus due aux étranges incantations de maître Myrdhin qu'à la bien piètre défense de mes gardes. Je lui suis très reconnaissant, car il m'a peut-être sauvé la vie, mais surtout m'a permis de conserver une précieuse cargaison de vin et de soieries de grande valeur. Ca aurait été pire pour moi de perdre cette cargaison que de perdre la vie ! Bref, j'ai juré à maître Myrdhin de toujours l'aider dans la mesure de mes moyens et de mes faibles possibilités, et qu'il pourrait compter sur moi en cas de besoin. J'ai eu l'impression qu'il ne prenait pas cette promesse très au sérieux, mais moi, je me sens totalement engagé par ce serment.

Autant que je sache, il se trouve toujours au Pont d'Ariège."

Bern Hartapie, interrogé par Albert Hurrier.


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Dernière mise à jour : 09/09/2017

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