Retour
Ars Magica

[ Accueil | Alliance | Ressources | Gamme | Liens | Archives ] English version

Pont d'Ariège

Jacopa

Jacopa fut conçu à Carcassonne lors de la brève et discrète liaison entre un jeune prêtre et la fille d'un riche marchand de cette ville. Pour éviter le scandale, la famille de la fille-mère l'envoya chez ses proches passer les derniers mois de sa grossesse. Elle y mit Jacopa au monde en 1167. L'enfant fut placé dans un orphelinat à Narbonne peu de jours après sa naissance. C'est un moine qui le baptisa du nom de son fils, qui n'avait pas vécu, qu'il avait eu avant de perdre sa femme et de devenir frère. Ce moine fut le tuteur de Jacopa et son précepteur durant tout son séjour à Narbonne.

À l'orphelinat, Jacopa vécut une enfance relativement heureuse. Il y subissait un traitement privilégié de la part des moines, sa mère faisant de généreux dons à l'institution à chaque fois qu'elle venait voir son premier enfant, ce qui se produisait six à huit fois par an.

Ce fut par elle qu'il apprit ses origines " honteuses ", mais ni lui ni les moines ne surent jamais comment elle s'appelait et lui seul voyait son visage lorsqu'elle venait.

Peu après les dix ans de Jacopa, les visites de sa mère devinrent moins fréquentes. Elle lui expliqua que son mari tolérait de moins en moins qu'elle vienne le voir.

Il la vit une dernière fois un soir de printemps, alors que cela faisait deux saisons qu'il ne l'avait vue. C'était le jour anniversaire de ses douze ans. Elle semblait très heures, mais très anxieuse. Elle lui raconta qu'elle avait du mentir à son mari pour pouvoir venir le voir et qu'elle viendrait encore moins souvent qu'avant. Peu de jours après cette visite, Jacopa fut convoqué dans le bureau de l'abbé qui dirigeait l'orphelinat et mis en présence de deux hommes fort bien habillés et équipés. Ces derniers discutèrent de choses et d'autres avec lui avant de le congédier. Le lendemain, l'un des hommes vint le chercher, donna une forte somme d'argent à l'abbé et fit monter Jacopa dans une voiture richement décorée et tirée par quatre chevaux. Ils voyagèrent pendant une semaine avant d'arriver au sommet d'un pic rocheux, couronné d'un petit château qui montrait des signes de délabrement. L'homme l'amena alors auprès d'un personnage impressionnant, vêtu d'une robe de velours vert ornée de motifs géométriques faits de fils d'or et d'argent. Cet homme lui expliqua que ce château était sa nouvelle demeure, qu'elle s'appelait une Alliance, que lui-même était un mage et dorénavant son maître et que s'il se comportait bien, il lui ferait partager sa puissance. Il lui expliqua enfin les règles qui régissaient la vie ici.

Sa nouvelle vie ne plut pas à Jacopa ; il n'avait plus le traitement de faveur d'avant et vivait mal les brimades que lui faisaient subir d'autres disciples ainsi que de nombreuses personnes à l'intérieur du château. Il essaya plusieurs fois de s'échapper, mais fut à chaque fois repris, ou bien par les paysans alentour, qui étaient au service de l'Alliance, ou par les disciples ou compagnons de son maître. Las de se faire rattraper à chacune de ses tentatives et de subir des sanctions de plus en plus sévères (après sa dernière tentative d'évasion, il fut enfermé trois mois dans un cachot humide, sans lumière, avec un repas de pain sec et d'eau par jour), il se résigna à son sort.

Chétif, malhabile, il devait souvent subir la loi des plus forts et, alors que c'était un garçon enjoué et rieur (mais aussi capricieux et caractériel) lorsqu'il était arrivé, il était devenu laconique et discret, sans pour autant perdre sa vivacité d'esprit, qui avait fait sa fierté à l'orphelinat.

Sa vie dans l'Alliance était faite de tâches ménagères à effectuer, de leçons à apprendre et de sang à donner (seules fois où il voyait son maître). Ils se rendit d'ailleurs compte que tous les disciples de ce maître avaient ce don de produire du virtus et il se demanda si ce n'était pas le seul motif de leur maître d'avoir des disciples et si, s'il n'y avait pas eu un précepteur commun à tous les apprentis des différents mages, il aurait eu un apprentissage quelconque. Un jour, par hasard, il découvrit qu'une pierre de l'écurie, adjacente à la bibliothèque de son maître, s'était descellée avec le temps. Il décida alors que, puisque l'on ne voulait pas lui donner de connaissance, il irait la prendre lui-même et, avec l'aide du palefrenier, qui était devenu un de ses amis dans lequel il avait entière confiance, il descella deux autres pierres afin d'avoir accès à des ouvrages.

Le niveau auquel les pierres étaient descellées était celui des livres concernant les Arts Creo et Auram. Jacopa occupa toutes ses nuits (moments où il était sûr qu'il n'y avait personne dans la bibliothèque) dès lors à l'écurie, à étudier ces ouvrages. Le palefrenier orléanais et le forgeron arabe le couvraient durant les temps de corvée de la journée, pendant qu'il dormait dans le grenier à foin, disant qu'il était avec eux ou faisait quelque chose pour eux quand quelqu'un le cherchait.

Il passa plusieurs années ainsi, jusqu'à ce qu'un soir, Jacopa surprit la conversation entre son maître et ce qui lui sembla être un être démoniaque. La prudence lui commandait de remettre le livre qu'il venait de prendre et de s'éloigner au plus vite de l'endroit où il se trouvait. Mais sa curiosité prit le dessus et, en écoutant la conversation, il entendit des choses qu'il n'aurait jamais dues. Il ne lui sembla jamais que l'un des deux personnages le vit, il fut cependant instamment demandé par son maître le lendemain en sortant de ses cours.

Une fois qu'ils furent seuls, le maître expliqua à Jacopa qu'il était un témoin encombrant et que, s'il ne prouvait pas qu'il était devenu un mage, il le tuerait sur-le-champ. Jacopa passa avec succès cette épreuve en effectuant quelques sortilèges. Son maître lui dit alors qu'il ne devrait jamais révéler ce qu'il avait vu et entendu sous peine de subir de terribles sanctions. Cette interdiction s'appliquerait dorénavant à tout secret qui lui serait confié. Il clama alors un sortilège qui pétrifia Jacopa sur place et qui ressemblait fort à ce qu'il pensait être une malédiction. Alors qu'il était toujours pétrifié de peur, son maître se jeta sur lui et il perdit connaissance.

Il se réveilla le lendemain, sur le bord du chemin, au seuil de la mort, quasiment vidé de tout son sang et entouré de corbeaux. Certains pourraient penser que ces oiseaux attendaient sa mort pour le manger ; lui pensait qu'ils étaient en train de veiller sur lui et essayaient d'attirer l'attention pour que l'on vienne le sauver. Quand un homme, intrigué par la présence de tant de volatiles, le découvrit et l'emporta à l'intérieur de sa carriole, Jacopa fit le serment de ne jamais tuer d'oiseau.

Cet homme était un forgeron juif itinérant qui passait par hasard par-là après s'être fait expulser d'un village voisin. Il s'occupa de Jacopa, lui donna à manger et lui fit partager son logis jusqu'à ce qu'il soit remis sur pied. Jacopa alors le quitta. Mais leurs routes devaient plusieurs fois se croiser par la suite et il pût le rembourser de sa dette lorsque la condition juive de son ami le mit en grave danger (lorsqu'il faillit être brûlé vif à cause d'une mauvaise récolte ou pendu pour un crime qu'il n'avait pas commis).

Jacopa, pendant quatre ans, parcourut le sud-ouest de la France, rencontrant d'autres mages et visitant des Alliances où il apprit que son maître avait très mauvaise réputation, que l'on disait qu'il pratiquait une magie suspecte, qu'il ne respectait des règles de l'Ordre que le minimum pour ne pas être condamné et que ses disciples étaient tous incompétents et névrosés... Bref, qu'il était le malvenu.

Durant ces quatre années d'errance, Jacopa parvint à acquérir deux nouveaux sortilèges et rencontra d'autres mages avec lesquels il fonda l'Alliance du Pont d'Ariège.

Jacopa ne revêt jamais de robe sauf lorsque le protocole l'exige.
Il porte des habits volontairement trop grands pour lui.
Il ne tue ni ne mange jamais de volatile.
Il porte des couleurs claires, surtout du bleu ciel un peu délavé.
Il ne recherche pas la compagnie de ses pairs, même s'il n'y est pas hostile.


[ Haut de page | Retour au Pont d'Ariège ]

Dernière mise à jour : 09/09/2017

Compteur

Valid XHTML 1.1 Valid CSS! Page testée (accessibilité) par Ocawa